La Chine dispose de deux importantes semaines de congé, appelées Golden Weeks. Durant l’une d’entre elles, la Fête Nationale, qui dure une semaine, j’en ai profité pour partir seul à Chongqing (la « ville-montagne », qui doit son surnom a son relief accidenté). Comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessus, Chongqing est une petite province (plus précisément, c’est une municipalité, c’est-à-dire une petite province sous le contrôle directe du gouvernement) juste à côté du Sichuan, la province où j’habite actuellement.
En fait, Chongqing était avant la deuxième plus grosse ville du Sichuan, derrière Chengdu, mais le gouvernement, à cause du projet du barrage des Trois Gorges, et du flot de population à contrôler et à déplacer, a voulu mettre Chongqing à part et a donc créé la municipalité de Chongqing en 1997. Qui est, avec 32 millions d’habitants, la deuxième plus grosse agglomération au monde derrière Tokyo (dont l’agglomération au sens large compte environ 45 millions d’habitants). Il ne faut pas s’y tromper, on ne parle ici que d’agglomération au sens large, c’est-à-dire le nombre total d’habitants de la province. La zone urbaine de Chongqing, la ville en elle-même, se trouve vers l’ouest de la province. Elle compte environ 8 millions d’habitants. Il y a donc 24 millions d’habitants qui vivent à la campagne et qui mènent une vie bien différente que celle des habitants de la ville. Cette notion de deuxième plus grosse agglomération du monde est donc toute relative. Le gouvernement fait donc tout pour construire et faire migrer les « campagnards » vers la ville et les zones urbaines. Chongqing est une des zones les plus actives de la planète niveau construction, ce qui vient aussi du fait que les chinois travaillent 24 heures sur 24. La mentalité est différente d’en France : ils ont des équipes de jour et de nuit, et vu qu’ils veulent que les bâtiments soient construits le plus vite possible, ils travaillent 24/24. J’habite actuellement à Chengdu et dans le quartier qu’ils sont en train de construire, c’est assez impressionnant de voir la grue tourner alors qu’il est bien plus de minuit…
Voici une carte de la municipalité de Chongqing :
Au niveau historique, il faut savoir qu’après le massacre perpétré à Nankin pendant la Seconde Guerre mondiale par l’armée impériale japonaise (le massacre de Nankin est célèbre pour être un des épisodes les plus immoraux de la seconde guerre mondiale, les japonais ayant massacré en 6 mois plus de 300 000 des 500 000 nankinois qui y habitaient), Chongqing devint la capitale de la Chine nationaliste appartenant au gouvernement du Guomindang. Elle détient le titre de la ville la plus bombardée de la guerre avec plus de 5000 bombardements faits par l’aviation showa et ayant entrainés la mort de plusieurs dizaines de milliers de civils.
Pour en revenir à mon voyage : la Fête Nationale étant une des deux seules opportunités de partir en vacances pour les chinois, il me fallait à tout prix éviter les lieux trop touristiques. J’ai donc choisi Chongqing qui de mon point de vue n’était pas forcément le lieu de prédilection des chinois pour partir en vacances. J’avais en assez grande partie tort sur les deux points principaux, c’est-à-dire sur le nombre et la qualité des lieux intéressants à visiter et aussi sur le nombre de chinois intéressés par cette province, vous verrez en quoi sur les photos.
Ainsi, le lundi 3 octobre, assez tôt le matin, je vais à l’opposé de la fac pour prendre le bus et rejoindre, sur les conseils d’une amie, le métro qui est à quelques stations de bus. J’arrive… et je vois que le métro n’est pas fini. Bon, tant pis, je sais que je n’ai pas en m’en faire, en Chine, il y a toujours un moyen de s’arranger (surtout avec de l’argent, en fait). Un chinois s’improvise donc taxi et m’emmène directement à la gare qui se trouve à l’autre bout de la ville.
J’arrive deux heures plus tard à Chongqing et je fais la queue pour acheter mon ticket retour tout de suite. En Chine, on ne peut pas acheter ses tickets plus de 10 jours en avance, donc quand j’ai acheté mon ticket « aller », je n’ai pas pu prendre le ticket retour en même temps. J’attends ainsi une trentaine de minutes, il ne reste plus que quelques personnes, quatre ou cinq tout au plus, et celle qui tient le guichet met son panneau « pause-midi » ; pour acheter un ticket, il faut donc aller sur une autre file d’attente… c’est-à-dire attendre encore une fois plus de 30 minutes. J’ai faim, et je dois aller checker mon auberge de jeunesse, je décide donc de partir et d’acheter mon ticket plus tard.
Un très bon point pour les gares chinoises, c’est qu’il y a des taxis qui arrivent et forment des files d’attente, et ceux qui veulent un taxi forment aussi une file d’attente, tout est contrôlé pour ne pas que ce soit l’anarchie. Ainsi, en quelques minutes, on peut avoir un taxi et se rendre au lieu que l’on a réservé sans aucun problème vu qu’il suffit de donner l’adresse au chauffeur. Fête nationale oblige, il y a eu de nombreux bouchons sur la route et je mets environ une heure à m’y rendre. Magie de la Chine, le taxi ne me coûte pas plus de 5 euros.
Voici deux photos, j’étais dans le taxi et je venais d’arriver à Chongqing. Vous pouvez voir sur la première photo à quoi ressemble des bouchons en Chine, et sur la deuxième photo, un énorme pont juste à côté du centre-ville. Etre à la fois une ville-montagne et avoir son cœur économique en hauteur sur une péninsule, ce n’est quand même pas courant, et ce pont très haut juste à côté du centre-ville m’avait un peu choqué.
J’arrive finalement dans la vieille ville de Ciqikou, que je ne pensais pas autant connue ni touristique : c’est bien simple, pas moyen d’avancer ! Le Lonely Planet m’avait pourtant prévenu : « Voyagez dans un lieu touristique un jour de Golden Week en Chine et vous n’oublierez jamais que c’est le pays le plus peuplé du monde. » Je ne vais pas leur donner tort… Pour un parcours qui prendrait maximum 10 minutes en temps normal, il m’a fallu plus d’une heure pour aller à l’auberge de jeunesse en trimbalant ma valise. Pour finalement m’entendre dire que « j’ai bien réservé mais qu’il faut mon passeport ou tout du moins une photocopie. » En fait, en Chine, sans passeport, on ne peut rien faire (il me fallait donc rentrer à Chengdu via le premier train, ce qui aurait été assez problématique, car aucun hôtel ne m’aurait accepté). Ça ne m’avait jusque là jamais déranger puisque je trimbalais toujours ma « maison sur mon dos », mais là, vu que j’ai changé de valise, j’ai complètement zappé de mettre le passeport avec. Pour ne rien arranger, ils n’ont pas d’imprimante, et ils veulent une copie. Le voyage n’a donc pas commencé sous les meilleures auspices, mais c’était sans compter la magie du voyage (et la magie des chinois). En fait, sans ce problème de passeport, il eut été fort probable que la suite du voyage ne se passe pas de la même façon, et qu’il soit même ennuyant. Ce qui n’a pas été le cas.
Voici un premier aperçu de cette vieille ville :
Pas très loin, sur une petite colline a été construit un ensemble de maisons, ça fait vraiment très exotique :
Il y avait une petite ruelle un peu plus pauvre que le reste, mais le coup de l’arbre qui a toutes ses racines apparentes avec la carte des boissons servies par le bar, j’ai beaucoup aimé :
J’appelle donc mon ami français à l’appartement à Chengdu pour qu’il trouve mon passeport, qu’il en fasse des scans un jour férié à la fac (soit un parcours du combattant), qu’il m’envoie les scans le plus vite possible et que de mon côté, je prenne le bus un jour de Fête nationale, c’est-à-dire attendre une heure et demi le temps que les chinois ne fassent plus la course pour entrer dans les bus qui se remplissent à grande vitesse, trouver une université à la station que l’on m’a indiqué et réussir à imprimer là-bas. Puis revenir à l’auberge de jeunesse pour redonner les photocopies et finir ainsi ma réservation. « Quand on n’a pas de tête, on a des jambes » comme on dit…
Pour ceux que ça intéresse, voici à quoi ressemble en Chine le panneau recensant tous les bus s’arrêtant à cet arrêt, ainsi que le parcours de chaque bus. Il n’y a pas besoin de marquer d’horaire, les bus passent en permanence, la plupart du temps, 5 minutes suffisent.
En fait, ce jour-là n’a pas été aussi stressant que vous pouvez l’imaginer : mon ami français m’a dit qu’il m’enverrait les photos vers 6 heures du soir, j’en ai donc profité pour faire mon touriste et visiter cette très sympathique vieille ville dans laquelle j’avais la chance d’avoir trouvé une auberge de jeunesse intramuros. Puis j’arrive finalement à prendre le bus et à arriver à la station attendue, je demande mon chemin et je finis par tomber sur un groupe de chinois assez sympa, ils parlent bien anglais, et ont le temps de m’aider. Au passage, on tombe sur des amies à eux, qui nous accompagnent. J’arrive tant bien que mal à imprimer les précieux documents, les chinois doivent finalement partir, mais leurs deux amies veulent rester avec moi et m’invitent à manger.
Voici la vieille ville en elle-même, elle est assez grande, mais est surtout magnifique :
Comme vous pouvez le voir, il y a des gens un peu partout, les rues sont entièrement bondées :
Il y avait quelques déguisements, c’était bien fait :
Je n’ai pas de photo qui pourrait mieux vous faire comprendre le fait qu’en Chine, il ne faut jamais partir en vacances lors des Golden Week.
On y trouve un peu de tout, même de la nourriture coréenne et japonaise. La photo nous montre de la nourriture japonaise :
Les rues secondaires vues d’un peu plus haut :
Ce stand est un stand de divination : on prend un récipient de forme cylindrique, on y met des baguette fines et aplaties avec des numéros dessus. On secoue le pot, une baguette va finir par en sortir. On regarde le numéro et on ouvre le tiroir correspond, d’où l’on tire un papier qui nous annonce la prédiction.
Les chinois ont une drôle de façon d’étendre le linge par rapport à nous, ce qui vient aussi de leur manque de place. L’astuce est d’avoir une grande tige de bambou, et de mettre ses cintres avec les vêtements mouillés dessus.
Je suis allé dans une autre partie de la vieille ville, où en passant j’ai remarqué une vendeuse : elle a du sucre « brut » qu’elle étire, et qu’elle met dans la farine, ce qui en fait des petits filaments, qu’elle coupe, met un peu en boule, pour en remplir une boîte et la vendre.
Les chinois et l’anglais, une longue histoire d’amour… Après Superman, Spiderman, ou encore Batman, voici arrivé… Toiletman ! Le super-héros qui s’occupe de récurer toutes les toilettes sales en Chine… et Dieu sait qu’il a du boulot ! Enfin bon, faire relire sa traduction, c’est une chose que je n’ai pas vraiment constaté en Chine, le nombre de fautes d’anglais sur les panneaux d’explication entravant trop souvent la bonne compréhension du message que l’on voulait nous faire parvenir.
Sinon, les rues désertes, c’est possible, mais très tôt le matin, entre 6 et 8 heures :
Le Sichuan est réputée pour être la province avec la nourriture la plus épicée du pays, mais il ne faut pas oublier que Chongqing faisait avant partie du Sichuan, et au Sichuan, Chongqing était réputée (et l’est toujours) pour avoir une nourriture encore plus épicée qu’au Sichuan. Et vu ce que les chinoises avaient commandé pour moi, un plat traditionnel de Chongqing, je veux bien les croire… C’est assez simple : pour les chinois du Sichuan et de Chongqing, tout ce qui est épicé est bon. Ils me l’ont bien expliqué : ils peuvent manger épicé et brûlant en été, pour eux ce n’est pas grave de transpirer, d’avoir la bouche en feu ou autre, tout ce qui compte c’est le goût. Par contre, ils ne comprennent pas les français qui peuvent prendre du thé glacé en hiver. C’est marrant du coup de voir que l’ouverture d’esprit doit se faire dans les deux sens, car j’ai vraiment beaucoup de mal à trouver bon quelque chose dont tu ne sens même plus le goût tellement ta bouche est anesthésiée. Il y a plusieurs sortes de piments, mais le résultat est plus ou moins le même : on douille. Il y a deux sortes principales de piment : le piment qui anesthésie comme quand on a une piqûre chez le dentiste, et le piment qui arrache, le genre qui te donne l’impression de te faire cracher du feu, du vrai. Apparemment, ils sont habitués dès petit et ce côté anesthésiant ou qui arrache, ils ne le sentent presque plus (quoiqu’encore, ça dépende des chinois, ceux qui ne sont pas du Sichuan ont autant de mal avec les piments que les français, seul le Sichuan a cette particularité d’épicer tous ses plats). Il faut aussi faire avec une autre composante : le cuisiner sichuanais est fourbe. Mélanger du piment rouge avec du poivron rouge ne peut pas être fait de manière inconsciente, j’ai vraiment du mal à le concevoir. Ça a au moins le mérite de me faire rire d’entendre les étrangers avec lesquels je mange râler quand ils se trompent et finissent par manger un morceau de piment. Le Sichuan, et plus particulièrement Chongqing, sont réputés pour leurs « hot-pot ». J’en reparlerai tout à l’heure.
Finalement, j’ai passé une bonne soirée et je suis revenu à l’auberge de jeunesse où j’ai pu y dormir tranquille. Les deux chinoises n’ont certes que 18 ans mais parlent un anglais avec un accent parfait et sans trop de problème de vocabulaire. C’est assez impressionnant et c’est d’après elles à force de regarder les séries en VO et à s’en inspirer pour exercer leur prononciation. Ce qui explique qu’elles commencent une Licence d’espagnol, elles aiment apprendre les langues étrangères. A noter, une des deux chinoises a sympathisé avec moi et je ne vais pas visiter Chongqing seul, ce qui est quand même appréciable.
Le lendemain, on part sur la péninsule de Chongqing, LE centre-ville et centre économique de la ville, et donc de la province. La ville de Chongqing est appelée « ville-montagne », et cela se voit un peu partout : tout est en pente, des collines ne sont pas habitables car trop hautes, entre autres surprises. Il n’y a d’ailleurs pas de cyclo-pousse (des pousse-pousse à vélo), car cela serait trop dur de monter les différentes pentes de la ville. Et bref, cette péninsule est la première à être véritablement aménagée malgré ses pentes abruptes, due à sa situation : elle est à l’intersection d’une rivière qui vient se jeter dans le plus long fleuve de Chine : le Yang-tsé (Yangzi en chinois, mais les chinois disent plutôt Changjiang, « la longue rivière »).
Voici à quoi ressemble la péninsule de Chongqing vue de haut :
Nous avons commencé par le Temple des Arhats. C’est un des plus vieux temples de Chongqing, bâti il y a plus de mille ans. Il est maintenant toujours là, mais les villes chinoises ont depuis pris de la hauteur. Le contraste est donc saisissant, regardez donc la photo ci-dessous.
Avant de prendre la photo, je ne m’étais pas aperçu qu’il y avait une ampoule. La photo est donc géniale, avec un bouddha qui a comme une illumination.
J’apprécie beaucoup le soucis du détail. A gauche se trouve l’entrée des toilettes, ils auraient donc très bien pu laisser la petite place devant, qui plus est se trouve à l’étage, vierge. C’est une imitation de jardin chinois, ce qui peut aussi expliquer ce soucis du détail et de reproduction de la nature.
Puis nous sommes allés au Siège de la Guilde de Huguang, entièrement rénovée il y a quelques années : cette structure était là pour accueillir les nouveaux arrivants des provinces du Hunan et du Hubei (d’où le « Hu ») ainsi que les nouveaux arrivants des provinces du Guangxi et du Guangdong (d’où le « Guang »). En fait, Chongqing était peu habitée, et entièrement à construire, il fallait donc aller à Chongqing pour remplir la province et pour être sûr d’avoir du travail. Ces guildes étaient assez nombreuses et permettaient d’aider les chinois qui venaient de toute la Chine.
Il y a des répétitions d’Opéra tous les jours à 14h, sur ces sortes de scène. Il était malheureusement 10h et nous avions d’autres lieux à visiter, nous n’avons donc pas pu en profiter.
C’est vraiment un lieu très beau et paisible, très équilibré.
On part, par la suite, au musée de l’urbanisme, qui contient d’énormes maquettes de Chongqing, ainsi que des différents projets à venir. En passant, nous découvrons (oui, je dis nous, elle vient d’une autre province et n’avait pas encore eu le temps de visiter Chongqing, elle découvrait donc en même temps que moi) un peu plus en profondeur la péninsule de Chongqing, avec ses immeubles, et ses bâtiments de style européen (britannique et français surtout) venant des différentes concessions. Remarquer le contraste entre la haute tour ci-dessous et la rue plus « normale », où les gens viennent faire leurs affaires.
Voici le Musée de l’Urbanisme de Chongqing, avec des immenses maquettes la représentant (remarquez la péninsule sur les photos 2 et 3) :
Sur place se trouve le bout de la péninsule, appelé Place de Chaotianmen, d’où l’on peut voir la rivière se jeter dans le fleuve.
C’est le Monument de la Libération, qui célèbre la fin de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, il se trouve au milieu de LA zone commerciale de Chongqing :
Chongqing possédant un téléphérique, nous décidons de le prendre pour essayer. Le téléphérique de Chongqing fait partie des transports en commun comme peuvent l’être le métro ou le bus. Cela signifie que les chinois (et les étrangers de passage) ont deux avantages : cela ne coûte pas cher, et on peut payer encore moins cher avec une carte de transport. En clair : plein tarif, 0,50 euros, 0,20 euros avec la carte. Non, il n’y a pas de faute de frappe, c’est bien le prix à payer pour prendre le téléphérique et se rendre de l’autre côté de la rivière.
Une fois de l’autre côté, contrairement à ce que dit le Lonely Planet, pas de zone très animée ou de bar dans lequel se poser un moment. On décide donc de se balader le long du fleuve.
On finit par revenir au téléphérique, dans lequel j’ai une meilleure vue pour prendre des photos. Voyez par exemple ce bâtiment jaune qui ressort bien, c’est la guilde de Huguang, que j’ai visité et dont je vous ai précédemment parlé.
Chongqing est actuellement en pleine période de rénovation, construction, mais aussi destruction. Il leur reste encore beaucoup de travail. Même sur la péninsule, qui est le centre économique, et qui n’est pourtant pas si grande, il reste encore beaucoup de zones sauvages et/ou pauvres. Jugez par vous-mêmes :
Puis, on part pour le Parc du mont Pipa, qui, avec ses 345 mètres, se trouve être le point culminant de la péninsule (si on ne compte pas les gratte-ciel, bien évidemment). Le bâtiment que vous voyez correspond au sommet de la colline. On a une assez bonne vue du reste de Chongqing.
Le soir, nous sommes allés manger le fameux Hotpot de Chongqing. C’est bien simple, c’est le plat le plus réputé ici. Aller à Chongqing et ne pas manger de hotpot n’est pas envisageable. Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’un hotpot ? C’est tout simplement une sorte de fondue chinoise. On a un côté épicé, un côté non épicé (ou alors seulement épicé pour les locaux). Dans la partie épicé, on laisse cuire nos aliments, tels des œufs, de la viande, des légumes. Et on les repêche une fois cuit dans la « fondue ». C’est un repas assez long, contrairement aux autres plats chinois qui se mangent très rapidement. C’est le genre de repas que l’on peut faire pour avoir une vrai sortie repas entre amis ou entre collègues.
Chengdu a elle aussi des hotpot, mais celui de Chongqing est réputé pour être plus épicé. Verdict ?
Le hotpot de Chongqing était certainement plus épicé avant. Cependant, que ce soit à Chengdu ou à Chongqing, à l’heure actuel, les restaurants utilisent les mêmes ingrédients, le même assaisonnement, les mêmes sachets d’épice. Plus tard, dans l’article, vous verrez que j’ai retenté l’expérience, mais ma conclusion reste la même. Pour avoir des plats vraiment plus épicé qu’à Chengdu, il faut donc se pencher sur la cuisine plus traditionnelle d’ici et sur les petits restaurants peu chers qui bordent les rues.
Je finis par rentrer assez tard le soir, et pour une deuxième journée de voyage, elle a eu le mérite d’être aussi sympathique qu’épuisante.
Le lendemain, départ Dazu pour y voir ses célèbres sculptures bouddhiques, qui figurent d’ailleurs sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999. Dazu compte environ 40 sites de sculptures bouddhiques, cependant, seules cinq sont entrés à l’UNESCO. Et sur les cinq, deux sont vivement recommandés. N’ayant qu’une après-midi, je décide de n’aller voir que ces deux sites. Voici le premier site que je visite : Beishan (Colline Nord). Ce site est un ancien camp militaire, et renferme certaine des plus anciennes sculptures de la région. Les niches abritent plusieurs centaines de statues, dont certaines en piètre état à cause de leur âge.
Puis me voici sur le site le plus spectaculaire et le plus célèbre des sculptures de Dazu, Baoding Shan (Colline du sommet précieux). On y voit notamment un Bouddha énorme en train d’atteindre le nirvana, ou encore Guanyin aux Mille Bras, qui est le Déesse de la Miséricorde. Elle est en quelque sorte la vierge Marie du bouddhisme. La statue contient 1007 bras déployés, avec dans la paume de chaque main un œil, symbole de sagesse. La réalisation de ces sculptures se serait échelonnée sur 70 ans, de 1179 à 1249. Ces sculptures ont comme particularité d’avoir été intégrées à dessein dans leur environnement naturel, ce qui en fait un site absolument unique, et superbe.
Comme vous pouvez le voir, les postures de ces deux statues sont en contradiction avec la vision catholique, très sérieuse. Elles sont à leur aise, on dirait qu’elles sont accessibles, aptes à nous écouter. En clair, plus proches de nous.
Cette photo montre que malgré le caractère animal choisi pour leurs visages, on peut arriver à des sculptures magnifiques ; le personnage du milieu a un charisme indécent.
Cette sculpture est la roue des renaissances. Dans le bouddhisme, il y a la notion de réincarnation de notre énergie psychique qui doit réussir au fur et à mesure des vies à se débarrasser du désir et à atteindre l’Eveil, le nirvana.
Ces trois grandes statues ci-dessus sont entourées de nombreuses petites sculptures, dont en voici un exemple.
Voici la fameuse statue de Guanyin aux Mille bras. Malheureusement, à cause de ses 800 ans d’existence, il a été décidé une restauration qui a débuté au premier semestre 2011. Elle sera certainement finie l’année prochaine. Je n’ai donc pas beaucoup de photos à vous proposer. J’ai fait quelques zooms sur ses mains pour vous montrer le travail somptueux qui avait été réalisé à l’époque. Vous trouverez juste après une photo prise sur internet qui correspond à ce que j’aurais pu voir si j’étais venu l’année dernière.
Voici la photo de Guanyin avant sa restauration :
Passons maintenant à quelques statues qui entourent le Bouddha géant couché.
Voici enfin le Bouddha en train d’atteindre le nirvana. Il est hors-norme : 5 mètres de haut pour 31 mètres de long. Vous trouverez une photo d’ensemble plus bas.
Une salle à côté nous présentait un Dieu bouddhique. Je n’ai pas encore les connaissances nécessaires pour vous expliquer les autres sculptures, donc profiter simplement du travail effectué il y a des centaines d’années.
Le lendemain, mon amie chinoise rencontrée quelques jours plus tôt me retrouve avec deux de ses amies pour visiter quelques lieux. Le premier : le temple bouddhiste de la vieille ville de Ciqikou.
Cette photo est surtout là pour vous montrer que Guanyin, déesse de la Miséricorde, est partout. Beaucoup de temples l’ont en temps que déesse. Elle peut avoir plusieurs formes : celle à onze têtes, ou celle à mille bras, entre autres.
Cette statue de crapaud était assez marrante : quelqu’un nous avait proposé de nous échanger des billets de 1 yuan contre des pièces de 1 yuan. Il nous avait dit de tourner le dos au crapaud, de marcher trois pas, et de lancer sans regarder la pièce en direction du crapaud en faisant un vœu. Si la pièce atterrit dans la coupelle sous le crapaud, le vœu est exaucé, si la pièce atterrit dans l’eau, on a quand même une belle journée. Mais nous n’avons pas voulu essayer. Cependant, ce côté superstitieux qu’on retrouve un peu partout en Chine était assez marrant.
Puis nous nous sommes rendus au Mémorial des Martyrs du Mont Gele. Petit rappel historique : en 1943, les Etats-Unis et Tchang Kaï-chek signèrent un accord secret pour fonder la Sino-Americain Cooperation Organisation (SACO), grâce à laquelle les Américains entraînaient et envoyaient des agents secrets pour le compte du Guomindang (le parti opposé au Parti communiste, qui se trouve actuellement à Taïwan). Dai Li, le chef du service secret du Guomindang, dirigeait également la SACO, dont le sous-directeur était un officier de la US Navy, le capitaine de vaisseau M. E. Miles. Bien que le Guomindang ne reconnaisse pas de légitimité au Parti communiste, l’Armée rouge était considérée comme une alliée contre les Japonais. Cependant, les communistes civils subirent une répression sévère. Des centaines d’entre eux furent emprisonnés, dont une grande partie dans les geôles de la SACO. Une partie des prisonniers fut exécutée.
On commence par le musée introductif. Voici Dai Li et Miles, les deux co-dirigeants de la SACO.
Puis on passe à la première prison : Zhazi Dong. Il ne faisait pas bon être prisonnier communiste à cette époque…
Comme vous pouvez le voir, les lieux ont été restaurés, mais ils n’en gardent pas moins quelques traces. Le panier de basket est d’époque. Les prisonniers avaient le droit d’y jouer deux fois par jour, pendant 15 minutes. Quant à la photo avec le mur qui a un bout peint en blanc avec des pointillés : des prisonniers avaient réussi à le faire sauter et à s’enfuir. Ceux qui sont restés se sont faits exécutés, car accusés de complicité.
Voici la maison de Dai Li et de Miles, rien à voir avec la prison du dessus.
Voici les trois chinoises qui m’accompagnent. Admirez au passage, grâce à la pente, le fait que l’on se trouve effectivement en pleine montagne, sur le mont Gele.
On passe à la deuxième prison du site : Baigongguan. Il y a une petite cascade, c’est vraiment paisible, et très beau.
Elles ont voulu faire une photo souvenir, mais au moment de la photo, elles ont dit : « Hé, si on faisait comme ça ? ». Les chinoises, en général, n’aiment pas les photos sérieuses, elles veulent juste délirer. J’ai des photos de mes deux derniers mois de vie à l’université qui vont être publiées prochainement, je pense que vous comprendrez mieux à ce moment-là.
Ce petit garçon est très connu. Il est devenu un véritable symbole en Chine. Son histoire est vraiment célèbre : il est né en prison, et n’a en fait jamais pu en sortir. Il a fini par être exécuter à un âge très jeune, 6 ans je crois. Je ne connais pas son histoire en détail, ni pourquoi il a fini par être élevé en tant que symbole national. J’éditerai plus tard si je trouve plus de détails à son sujet.
Puis me revoilà reparti le lendemain pour les paysages qui comptent parmi les plus impressionnants de Chongqing. Et je commence, après mes 3 heures de bus, par visiter la très grande et très belle grotte de Furong. La grotte se situe juste à côté de la rivière, dont la croisière est, dit-on, superbe. Je n’ai malheureusement pas eu le temps pour pouvoir la faire.
La grotte de Furong fait aussi partie de la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Chongqing possède deux entrées à l’UNESCO : Dazu et les Karsts de Chine du Sud. Dazu correspond à cinq sites, les Karsts de Chine de Sud correspondent, pour Chongqing, à trois sites. Seuls deux sont pour l’instant pleinement accessibles, la grotte de Furong et les trois ponts. Vous verrez les trois ponts plus loin.
Ce site a un nom, « Les baisers éternels ».
Ce site s’appelle « Des Milliards de Flèches ». On ne voit pas très bien, malgré le flash.
Voici le site le plus impressionnant de la grotte : « Le rideau en forme de chute d’eau » ; 30 mètres de haut, 21 mètres de large. Une fois devant, on ne peut que rester ébahi. C’est juste magnifique.
C’était à la droite du « Rideau », c’était aussi imposant, mais moins beau.
Elle s’appelle « L’origine de la vie ». C’est le site le plus précieux de la grotte. La figure sur la gauche fait penser à trois choses, d’après leurs explications officielles : soit un sexe masculin, soit Asia’s True Man (qu’ils ont traduit par « bien élevé asiatique », mais les traductions françaises en Chine… cependant, même en anglais, je ne vois pas trop le rapport avec la figure), soit « premier revolver du monde ».
Sa particularité est de n’être pas vertical. C’est en fait une stalagmite qui est formée ainsi à cause de la projection de l’eau. L’eau ne rebondit pas à la verticale sur le sol, la stalagmite n’a donc pas été formée verticalement. Le procédé est simple, mais cette stalagmite est unique dans la grotte.
Ils l’ont appelé « La grande pagode de l’oie sauvage » et « La petite pagode de l’oie sauvage », en hommage aux deux tours de Xi’an.
Après le « Rideau en forme de chute d’eau », voici le 2ème site le plus impressionnant de la grotte. Il fait plus de 70 mètres de haut. Et ça se passe de commentaire.
Me voici à la fin de la grotte, et je me trouve à « L’étang de corail » ; pour information, il a une surface de 32 mètres carrés, et le corail qui affleure à la surface peut supporter le poids d’un homme. La photo directement ci-dessous est prise du bas vers le haut, ce qui explique le fait qu’on ait du mal à comprendre dans quel sens la regarder.
Une petite photo d’adieu… Il n’y a pas à dire, cette grotte est immense.
J’ai eu la chance, en revenant de la grotte de Furong, de rencontrer un couple de chinois voyageurs, qui m’ont accompagné pour visiter les ponts de pierre, ainsi qu’un autre site. vous les verrez parfois sur les photos. La Chine est vraiment géniale : en sortant de voiture, une rabatteuse nous emmène dans son hôtel, qui est en fait un appartement qui a été aménagé en hôtel. Au final, on est dans un sympathique quartier. On n’a pas eu à chercher d’hôtel. Et comme d’habitude, les prix sont très bas, avec un service assez soigné.
Le soir, on est allés manger un hotpot avec du poisson. J’étais au départ assez sceptique. En effet, le poisson en Chine a parfois un goût trop peu prononcé, ou alors est rempli d’arêtes, ou encore cumule les deux. C’est donc avec une grande joie que j’ai découvert que le poisson était un délice, tout en étant sans arête. Quant au hotpot en lui-même, il était aussi épicé qu’à Chengdu, ce qui m’a renforcé dans l’idée que la mondialisation et l’uniformisation des techniques a rattrapé la tradition. Pour manger un hotpot, aller à Chongqing n’est donc pas nécessaire si on y a déjà goûté à Chengdu.
Les Trois Ponts Naturels présentent des paysages parmi les plus impressionnants de Chongqing, et ils ont été la plus belle partie de mon voyage. On se serait vraiment cru sur un autre monde. Ou tout du moins à un autre siècle. Je vous laisse juger.
Il y a trois ponts, le premier, Tianlong Bridge, fait 235 mètres de haut, le deuxième, Qinglong Bridge, 281 mètres et enfin le troisième et dernier, Heilong Bridge, 223 mètres. Voici le haut du premier pont. Quant aux deux autres ponts, vous verrez une stèle qui vous permettront de les identifier.
Franchement, le côté « ascenseur transparent » associé à la végétation autour m’a rappelé Jurassik Park. Les vélociraptors en moins.
C’est sublime. Le genre de paysage où on s’assoit, et où on reste à contempler.
Il ne manque que deux ou trois dinosaures. Il n’empêche qu’on s’y croirait vraiment.
Ce bâtiment que vous avez vu du haut a été reconstruit en 2005. Il datait à l’origine de la 2ème année de la dynastie Tang (soit en 619) et était un point de raccordement important entre Fuzhou et Qianzhou, qui avait fini par être détruit. Pour ses paysages, ainsi que pour son contexte historique via ce bâtiment, un film a été tourné ici : « Curse of the Golden Flower ». C’est un film de Kung-Fu chinois. Par exemple, le chariot était un élément du film.
Regardez bien, on dirait la tête d’un singe : les yeux, le nez, même la bouche !
« Hé Wang, je n’ai plus de raccord pour le tuyau, je fais comment ? », « Ne t’embête pas, prend un morceau de bambou ! »
La Chine, c’est magique.
Après les trois ponts naturels, voici un autre site. C’est la Gorge de Longshui.
Les chinois sont très poétiques, tout du moins imaginatifs. Ils donnent beaucoup de noms à des formes qu’ils croient reconnaître. Dans les deux photos suivantes, vous pouvez donc reconnaître la tête d’un éléphant, ainsi qu’un pédant.
Me voici de retour à Chongqing. Pour mon dernier jour, je suis allé au Musée des Trois Gorges.
Les musées chinois aiment bien ce système : il y a un système de plusieurs caméras qui filment à 360 degrés, et le tout est projeté sur des écrans, donc sur tout le tour d’une salle. C’est vraiment bien fait, et les transitions entre les projecteurs sont parfois inexistantes.
Voici une vieille carte de Chongqing.
C’est une stèle pour un capitaine français mort en Chine. Voici ce qui est marqué : « Officier supérieur d’élite qui pendant deux ans s’est dépensé sans compter pour l’honneur de notre pavillon et la protection des intérêts français en Extrême-Orient décédé dans l’exercice de ses fonctions le 25 septembre 1928. »
Voici deux visions de la péninsule de Chongqing : de nuit, puis de jour.
Chongqing a une certaine importance archéologique. Il n’y a pas si longtemps, une tribu maintenant disparue a été découverte, ainsi que sa culture. La culture chinoise avait fini par englober la leur.
Il y avait une concession française à Chongqing, en voici encore un exemple.
La Chine dispose de beaucoup de sculptures de ce style pour démontrer l’atrocité de la guerre.
L’inflation durant la seconde guerre mondiale était absolument énorme. En 11 ans, avec 100 yuans, on passe de l’achat de deux vaches à l’achat de 3 bols de riz. La Parti communiste a mené une réforme monétaire qui a abouti sur le Yuan actuel.
Voici un billet de 6 milliards de yuans. Il n’est évidemment plus en circulation.
Le Sud-Ouest de la Chine compte la quasi-totalité des minorités ethniques. Le musée de Chongqing se devait donc d’en faire la présentation.
Voici de l’art primitif, qui date des Han, c’est-à-dire 2000 ans auparavant.
Ce petit bonhomme assez drôle de part son apparence et sa gestuelle est très connue. Des répliques sont en vente dans le musée, et des musées d’autres provinces en ont une copie.
Après le musée des trois gorges, voici le Palais de l’Assemblée du Peuple. L’étage du bas est un espace commercial.
Ainsi se termine mon voyage à Chongqing. Enfin, fini est un bien grand mot… Après être revenu à mon auberge de jeunesse, je prends ma valise et retraverse toute la vieille ville, où un taxi attend un client. Je lui dit que mon train part dans trois quarts d’heure, qu’il faut donc se dépêcher. Il me fait remarquer que je suis trop en retard et que j’aurais dû me préparer bien avant, mais qu’il va faire tout son possible. La première fois, si vous vous rappelez bien, j’avais mis une heure. Il y avait autant de bouchon, mais on n’a même pas mis un quart d’heure. Je devais donc arriver en retard, j’ai même eu le temps d’écouter mon MP3 le temps que le train arrive.
C’est bien simple, c’est le chauffeur de taxi le plus fou que j’ai jamais vu. Doublage par la droite sur la voie d’arrêt d’urgence, double de la police par la droite, slalom entre les voitures, passage par des voies d’accélération quand notre voie était bouchée, vitesse largement au-dessus de la vitesse autorisée. C’est bien simple, c’est le premier chauffeur de taxi que j’ai vu mettre sa ceinture, et maintenant je comprends mieux pourquoi. Le pilote qui a joué dans le film Taxi, à côté, c’est un petit joueur. Je n’ai jamais autant espérer arriver à destination, j’avais l’impression qu’on allait se prendre trois accidents à la minute. Vraiment, je n’exagère rien, c’est comme dans les films où le chauffeur de taxi dit qu’il va faire tout son possible pour vous amener rapidement à destination. En Chine, ils le font vraiment, et il n’y a ni caméra, ni producteur. La course me revenait à peu chère vu la vitesse à laquelle on allait, et le pourboire en Chine n’est pas forcément bien vu, mais dans mon cas, je lui ai donné et il n’a pas refusé.
Ainsi s’achève vraiment mon voyage à Chongqing. Un voyage pas de tout repos, mais j’ai envie de dire que c’est un voyage « normal » ici. L’année dernière, pendant mon voyage, des surprises et des expériences inhabituelles, j’en avais aussi chaque semaine.
Pour ceux qui voudraient voir l’album photo de mon voyage, c’est-à-dire uniquement les photos, et en meilleur résolution, voici l’adresse de mon album photo Picassa :
https://picasaweb.google.com/111346405758128483667/Chongqing
Prochain voyage de prévu : le Qinghai et le Gansu, pour 3 semaines ! Et ce sera pendant les 3 premières semaines de février.

























































