Voyage à Chongqing

La Chine dispose de deux importantes semaines de congé, appelées Golden Weeks. Durant l’une d’entre elles, la Fête Nationale, qui dure une semaine, j’en ai profité pour partir seul à Chongqing (la « ville-montagne », qui doit son surnom a son relief accidenté). Comme vous pouvez le voir sur la carte ci-dessus, Chongqing est une petite province (plus précisément, c’est une municipalité, c’est-à-dire une petite province sous le contrôle directe du gouvernement) juste à côté du Sichuan, la province où j’habite actuellement.

 

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En fait, Chongqing était avant la deuxième plus grosse ville du Sichuan, derrière Chengdu, mais le gouvernement, à cause du projet du barrage des Trois Gorges, et du flot de population à contrôler et à déplacer, a voulu mettre Chongqing à part et a donc créé la municipalité de Chongqing en 1997. Qui est, avec 32 millions d’habitants, la deuxième plus grosse agglomération au monde derrière Tokyo (dont l’agglomération au sens large compte environ 45 millions d’habitants). Il ne faut pas s’y tromper, on ne parle ici que d’agglomération au sens large, c’est-à-dire le nombre total d’habitants de la province. La zone urbaine de Chongqing, la ville en elle-même, se trouve vers l’ouest de la province. Elle compte environ 8 millions d’habitants. Il y a donc 24 millions d’habitants qui vivent à la campagne et qui mènent une vie bien différente que celle des habitants de la ville. Cette notion de deuxième plus grosse agglomération du monde est donc toute relative. Le gouvernement fait donc tout pour construire et faire migrer les « campagnards » vers la ville et les zones urbaines. Chongqing est une des zones les plus actives de la planète niveau construction, ce qui vient aussi du fait que les chinois travaillent 24 heures sur 24. La mentalité est différente d’en France : ils ont des équipes de jour et de nuit, et vu qu’ils veulent que les bâtiments soient construits le plus vite possible, ils travaillent 24/24. J’habite actuellement à Chengdu et dans le quartier qu’ils sont en train de construire, c’est assez impressionnant de voir la grue tourner alors qu’il est bien plus de minuit…

 

Voici une carte de la municipalité de Chongqing :

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Au niveau historique, il faut savoir qu’après le massacre perpétré à Nankin pendant la Seconde Guerre mondiale par l’armée impériale japonaise (le massacre de Nankin est célèbre pour être un des épisodes les plus immoraux de la seconde guerre mondiale, les japonais ayant massacré en 6 mois plus de 300 000 des 500 000 nankinois qui y habitaient), Chongqing devint la capitale de la Chine nationaliste appartenant au gouvernement du Guomindang. Elle détient le titre de la ville la plus bombardée de la guerre avec plus de 5000 bombardements faits par l’aviation showa et ayant entrainés la mort de plusieurs dizaines de milliers de civils.

Pour en revenir à mon voyage : la Fête Nationale étant une des deux seules opportunités de partir en vacances pour les chinois, il me fallait à tout prix éviter les lieux trop touristiques. J’ai donc choisi Chongqing qui de mon point de vue n’était pas forcément le lieu de prédilection des chinois pour partir en vacances. J’avais en assez grande partie tort sur les deux points principaux, c’est-à-dire sur le nombre et la qualité des lieux intéressants à visiter et aussi sur le nombre de chinois intéressés par cette province, vous verrez en quoi sur les photos.

 

 

Ainsi, le lundi 3 octobre, assez tôt le matin, je vais à l’opposé de la fac pour prendre le bus et rejoindre, sur les conseils d’une amie, le métro qui est à quelques stations de bus. J’arrive… et je vois que le métro n’est pas fini. Bon, tant pis, je sais que je n’ai pas en m’en faire, en Chine, il y a toujours un moyen de s’arranger (surtout avec de l’argent, en fait). Un chinois s’improvise donc taxi et m’emmène directement à la gare qui se trouve à l’autre bout de la ville.

J’arrive deux heures plus tard à Chongqing et je fais la queue pour acheter mon ticket retour tout de suite. En Chine, on ne peut pas acheter ses tickets plus de 10 jours en avance, donc quand j’ai acheté mon ticket « aller », je n’ai pas pu prendre le ticket retour en même temps. J’attends ainsi une trentaine de minutes, il ne reste plus que quelques personnes, quatre ou cinq tout au plus, et celle qui tient le guichet met son panneau « pause-midi » ; pour acheter un ticket, il faut donc aller sur une autre file d’attente… c’est-à-dire attendre encore une fois plus de 30 minutes. J’ai faim, et je dois aller checker mon auberge de jeunesse, je décide donc de partir et d’acheter mon ticket plus tard.

Un très bon point pour les gares chinoises, c’est qu’il y a des taxis qui arrivent et forment des files d’attente, et ceux qui veulent un taxi forment aussi une file d’attente, tout est contrôlé pour ne pas que ce soit l’anarchie. Ainsi, en quelques minutes, on peut avoir un taxi et se rendre au lieu que l’on a réservé sans aucun problème vu qu’il suffit de donner l’adresse au chauffeur. Fête nationale oblige, il y a eu de nombreux bouchons sur la route et je mets environ une heure à m’y rendre. Magie de la Chine, le taxi ne me coûte pas plus de 5 euros.

Voici deux photos, j’étais dans le taxi et je venais d’arriver à Chongqing. Vous pouvez voir sur la première photo à quoi ressemble des bouchons en Chine, et sur la deuxième photo, un énorme pont juste à côté du centre-ville. Etre à la fois une ville-montagne et avoir son cœur économique en hauteur sur une péninsule, ce n’est quand même pas courant, et ce pont très haut juste à côté du centre-ville m’avait un peu choqué.

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J’arrive finalement dans la vieille ville de Ciqikou, que je ne pensais pas autant connue ni touristique : c’est bien simple, pas moyen d’avancer ! Le Lonely Planet m’avait pourtant prévenu : « Voyagez dans un lieu touristique un jour de Golden Week en Chine et vous n’oublierez jamais que c’est le pays le plus peuplé du monde. » Je ne vais pas leur donner tort… Pour un parcours qui prendrait maximum 10 minutes en temps normal, il m’a fallu plus d’une heure pour aller à l’auberge de jeunesse en trimbalant ma valise. Pour finalement m’entendre dire que « j’ai bien réservé mais qu’il faut mon passeport ou tout du moins une photocopie. » En fait, en Chine, sans passeport, on ne peut rien faire (il me fallait donc rentrer à Chengdu via le premier train, ce qui aurait été assez problématique, car aucun hôtel ne m’aurait accepté). Ça ne m’avait jusque là jamais déranger puisque je trimbalais toujours ma « maison sur mon dos », mais là, vu que j’ai changé de valise, j’ai complètement zappé de mettre le passeport avec. Pour ne rien arranger, ils n’ont pas d’imprimante, et ils veulent une copie. Le voyage n’a donc pas commencé sous les meilleures auspices, mais c’était sans compter la magie du voyage (et la magie des chinois). En fait, sans ce problème de passeport, il eut été fort probable que la suite du voyage ne se passe pas de la même façon, et qu’il soit même ennuyant. Ce qui n’a pas été le cas.

Voici un premier aperçu de cette vieille ville :

Pas très loin, sur une petite colline a été construit un ensemble de maisons, ça fait vraiment très exotique :

 

Il y avait une petite ruelle un peu plus pauvre que le reste, mais le coup de l’arbre qui a toutes ses racines apparentes avec la carte des boissons servies par le bar, j’ai beaucoup aimé :

 

J’appelle donc mon ami français à l’appartement à Chengdu pour qu’il trouve mon passeport, qu’il en fasse des scans un jour férié à la fac (soit un parcours du combattant), qu’il m’envoie les scans le plus vite possible et que de mon côté, je prenne le bus un jour de Fête nationale, c’est-à-dire attendre une heure et demi le temps que les chinois ne fassent plus la course pour entrer dans les bus qui se remplissent à grande vitesse, trouver une université à la station que l’on m’a indiqué et réussir à imprimer là-bas. Puis revenir à l’auberge de jeunesse pour redonner les photocopies et finir ainsi ma réservation. « Quand on n’a pas de tête, on a des jambes » comme on dit…

Pour ceux que ça intéresse, voici à quoi ressemble en Chine le panneau recensant tous les bus s’arrêtant à cet arrêt, ainsi que le parcours de chaque bus. Il n’y a pas besoin de marquer d’horaire, les bus passent en permanence, la plupart du temps, 5 minutes suffisent.

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En fait, ce jour-là n’a pas été aussi stressant que vous pouvez l’imaginer : mon ami français m’a dit qu’il m’enverrait les photos vers 6 heures du soir, j’en ai donc profité pour faire mon touriste et visiter cette très sympathique vieille ville dans laquelle j’avais la chance d’avoir trouvé une auberge de jeunesse intramuros. Puis j’arrive finalement à prendre le bus et à arriver à la station attendue, je demande mon chemin et je finis par tomber sur un groupe de chinois assez sympa, ils parlent bien anglais, et ont le temps de m’aider. Au passage, on tombe sur des amies à eux, qui nous accompagnent. J’arrive tant bien que mal à imprimer les précieux documents, les chinois doivent finalement partir, mais leurs deux amies veulent rester avec moi et m’invitent à manger.

 

Voici la vieille ville en elle-même, elle est assez grande, mais est surtout magnifique :

 

Comme vous pouvez le voir, il y a des gens un peu partout, les rues sont entièrement bondées :

 

Il y avait quelques déguisements, c’était bien fait :

 

Je n’ai pas de photo qui pourrait mieux vous faire comprendre le fait qu’en Chine, il ne faut jamais partir en vacances lors des Golden Week.

 

On y trouve un peu de tout, même de la nourriture coréenne et japonaise. La photo nous montre de la nourriture japonaise :

 

Les rues secondaires vues d’un peu plus haut :

 

Ce stand est un stand de divination : on prend un récipient de forme cylindrique, on y met des baguette fines et aplaties avec des numéros dessus. On secoue le pot, une baguette va finir par en sortir. On regarde le numéro et on ouvre le tiroir correspond, d’où l’on tire un papier qui nous annonce la prédiction.

 

Les chinois ont une drôle de façon d’étendre le linge par rapport à nous, ce qui vient aussi de leur manque de place. L’astuce est d’avoir une grande tige de bambou, et de mettre ses cintres avec les vêtements mouillés dessus.

 

Je suis allé dans une autre partie de la vieille ville, où en passant j’ai remarqué une vendeuse : elle a du sucre « brut » qu’elle étire, et qu’elle met dans la farine, ce qui en fait des petits filaments, qu’elle coupe, met un peu en boule, pour en remplir une boîte et la vendre.

 

Les chinois et l’anglais, une longue histoire d’amour… Après Superman, Spiderman, ou encore Batman, voici arrivé… Toiletman ! Le super-héros qui s’occupe de récurer toutes les toilettes sales en Chine… et Dieu sait qu’il a du boulot ! Enfin bon, faire relire sa traduction, c’est une chose que je n’ai pas vraiment constaté en Chine, le nombre de fautes d’anglais sur les panneaux d’explication entravant trop souvent la bonne compréhension du message que l’on voulait nous faire parvenir.

 

Sinon, les rues désertes, c’est possible, mais très tôt le matin, entre 6 et 8 heures :

 

 

Le Sichuan est réputée pour être la province avec la nourriture la plus épicée du pays, mais il ne faut pas oublier que Chongqing faisait avant partie du Sichuan, et au Sichuan, Chongqing était réputée (et l’est toujours) pour avoir une nourriture encore plus épicée qu’au Sichuan. Et vu ce que les chinoises avaient commandé pour moi, un plat traditionnel de Chongqing, je veux bien les croire… C’est assez simple : pour les chinois du Sichuan et de Chongqing, tout ce qui est épicé est bon. Ils me l’ont bien expliqué : ils peuvent manger épicé et brûlant en été, pour eux ce n’est pas grave de transpirer, d’avoir la bouche en feu ou autre, tout ce qui compte c’est le goût. Par contre, ils ne comprennent pas les français qui peuvent prendre du thé glacé en hiver. C’est marrant du coup de voir que l’ouverture d’esprit doit se faire dans les deux sens, car j’ai vraiment beaucoup de mal à trouver bon quelque chose dont tu ne sens même plus le goût tellement ta bouche est anesthésiée. Il y a plusieurs sortes de piments, mais le résultat est plus ou moins le même : on douille. Il y a deux sortes principales de piment : le piment qui anesthésie comme quand on a une piqûre chez le dentiste, et le piment qui arrache, le genre qui te donne l’impression de te faire cracher du feu, du vrai. Apparemment, ils sont habitués dès petit et ce côté anesthésiant ou qui arrache, ils ne le sentent presque plus (quoiqu’encore, ça dépende des chinois, ceux qui ne sont pas du Sichuan ont autant de mal avec les piments que les français, seul le Sichuan a cette particularité d’épicer tous ses plats). Il faut aussi faire avec une autre composante : le cuisiner sichuanais est fourbe. Mélanger du piment rouge avec du poivron rouge ne peut pas être fait de manière inconsciente, j’ai vraiment du mal à le concevoir. Ça a au moins le mérite de me faire rire d’entendre les étrangers avec lesquels je mange râler quand ils se trompent et finissent par manger un morceau de piment. Le Sichuan, et plus particulièrement Chongqing, sont réputés pour leurs « hot-pot ». J’en reparlerai tout à l’heure.

Finalement, j’ai passé une bonne soirée et je suis revenu à l’auberge de jeunesse où j’ai pu y dormir tranquille. Les deux chinoises n’ont certes que 18 ans mais parlent un anglais avec un accent parfait et sans trop de problème de vocabulaire. C’est assez impressionnant et c’est d’après elles à force de regarder les séries en VO et à s’en inspirer pour exercer leur prononciation. Ce qui explique qu’elles commencent une Licence d’espagnol, elles aiment apprendre les langues étrangères. A noter, une des deux chinoises a sympathisé avec moi et je ne vais pas visiter Chongqing seul, ce qui est quand même appréciable.

Le lendemain, on part sur la péninsule de Chongqing, LE centre-ville et centre économique de la ville, et donc de la province. La ville de Chongqing est appelée « ville-montagne », et cela se voit un peu partout : tout est en pente, des collines ne sont pas habitables car trop hautes, entre autres surprises. Il n’y a d’ailleurs pas de cyclo-pousse (des pousse-pousse à vélo), car cela serait trop dur de monter les différentes pentes de la ville. Et bref, cette péninsule est la première à être véritablement aménagée malgré ses pentes abruptes, due à sa situation : elle est à l’intersection d’une rivière qui vient se jeter dans le plus long fleuve de Chine : le Yang-tsé (Yangzi en chinois, mais les chinois disent plutôt Changjiang, « la longue rivière »).

Voici à quoi ressemble la péninsule de Chongqing vue de haut :

Chongqing

 

Nous avons commencé par le Temple des Arhats. C’est un des plus vieux temples de Chongqing, bâti il y a plus de mille ans. Il est maintenant toujours là, mais les villes chinoises ont depuis pris de la hauteur. Le contraste est donc saisissant, regardez donc la photo ci-dessous.

 

Avant de prendre la photo, je ne m’étais pas aperçu qu’il y avait une ampoule. La photo est donc géniale, avec un bouddha qui a comme une illumination.

 

J’apprécie beaucoup le soucis du détail. A gauche se trouve l’entrée des toilettes, ils auraient donc très bien pu laisser la petite place devant, qui plus est se trouve à l’étage, vierge. C’est une imitation de jardin chinois, ce qui peut aussi expliquer ce soucis du détail et de reproduction de la nature.

 

 

Puis nous sommes allés au Siège de la Guilde de Huguang, entièrement rénovée il y a quelques années : cette structure était là pour accueillir les nouveaux arrivants des provinces du Hunan et du Hubei (d’où le « Hu ») ainsi que les nouveaux arrivants des provinces du Guangxi et du Guangdong (d’où le « Guang »). En fait, Chongqing était peu habitée, et entièrement à construire, il fallait donc aller à Chongqing pour remplir la province et pour être sûr d’avoir du travail. Ces guildes étaient assez nombreuses et permettaient d’aider les chinois qui venaient de toute la Chine.

 

Il y a des répétitions d’Opéra tous les jours à 14h, sur ces sortes de scène. Il était malheureusement 10h et nous avions d’autres lieux à visiter, nous n’avons donc pas pu en profiter.

 

C’est vraiment un lieu très beau et paisible, très équilibré.

 

 

On part, par la suite, au musée de l’urbanisme, qui contient d’énormes maquettes de Chongqing, ainsi que des différents projets à venir. En passant, nous découvrons (oui, je dis nous, elle vient d’une autre province et n’avait pas encore eu le temps de visiter Chongqing, elle découvrait donc en même temps que moi) un peu plus en profondeur la péninsule de Chongqing, avec ses immeubles, et ses bâtiments de style européen (britannique et français surtout) venant des différentes concessions. Remarquer le contraste entre la haute tour ci-dessous et la rue plus « normale », où les gens viennent faire leurs affaires.

 

Voici le Musée de l’Urbanisme de Chongqing, avec des immenses maquettes la représentant (remarquez la péninsule sur les photos 2 et 3) :

 

Sur place se trouve le bout de la péninsule, appelé Place de Chaotianmen, d’où l’on peut voir la rivière se jeter dans le fleuve.

 

C’est le Monument de la Libération, qui célèbre la fin de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, il se trouve au milieu de LA zone commerciale de Chongqing :

 

Chongqing possédant un téléphérique, nous décidons de le prendre pour essayer. Le téléphérique de Chongqing fait partie des transports en commun comme peuvent l’être le métro ou le bus. Cela signifie que les chinois (et les étrangers de passage) ont deux avantages : cela ne coûte pas cher, et on peut payer encore moins cher avec une carte de transport. En clair : plein tarif, 0,50 euros, 0,20 euros avec la carte. Non, il n’y a pas de faute de frappe, c’est bien le prix à payer pour prendre le téléphérique et se rendre de l’autre côté de la rivière.

 

Une fois de l’autre côté, contrairement à ce que dit le Lonely Planet, pas de zone très animée ou de bar dans lequel se poser un moment. On décide donc de se balader le long du fleuve.

 

On finit par revenir au téléphérique, dans lequel j’ai une meilleure vue pour prendre des photos. Voyez par exemple ce bâtiment jaune qui ressort bien, c’est la guilde de Huguang, que j’ai visité et dont je vous ai précédemment parlé.

 

Chongqing est actuellement en pleine période de rénovation, construction, mais aussi destruction. Il leur reste encore beaucoup de travail. Même sur la péninsule, qui est le centre économique, et qui n’est pourtant pas si grande, il reste encore beaucoup de zones sauvages et/ou pauvres. Jugez par vous-mêmes :

 

Puis, on part pour le Parc du mont Pipa, qui, avec ses 345 mètres, se trouve être le point culminant de la péninsule (si on ne compte pas les gratte-ciel, bien évidemment). Le bâtiment que vous voyez correspond au sommet de la colline. On a une assez bonne vue du reste de Chongqing.

 

 

Le soir, nous sommes allés manger le fameux Hotpot de Chongqing. C’est bien simple, c’est le plat le plus réputé ici. Aller à Chongqing et ne pas manger de hotpot n’est pas envisageable. Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’un hotpot ? C’est tout simplement une sorte de fondue chinoise. On a un côté épicé, un côté non épicé (ou alors seulement épicé pour les locaux). Dans la partie épicé, on laisse cuire nos aliments, tels des œufs, de la viande, des légumes. Et on les repêche une fois cuit dans la « fondue ». C’est un repas assez long, contrairement aux autres plats chinois qui se mangent très rapidement. C’est le genre de repas que l’on peut faire pour avoir une vrai sortie repas entre amis ou entre collègues.

Chengdu a elle aussi des hotpot, mais celui de Chongqing est réputé pour être plus épicé. Verdict ?

Le hotpot de Chongqing était certainement plus épicé avant. Cependant, que ce soit à Chengdu ou à Chongqing, à l’heure actuel, les restaurants utilisent les mêmes ingrédients, le même assaisonnement, les mêmes sachets d’épice. Plus tard, dans l’article, vous verrez que j’ai retenté l’expérience, mais ma conclusion reste la même.  Pour avoir des plats vraiment plus épicé qu’à Chengdu, il faut donc se pencher sur la cuisine plus traditionnelle d’ici et sur les petits restaurants peu chers qui bordent les rues.

 

Je finis par rentrer assez tard le soir, et pour une deuxième journée de voyage, elle a eu le mérite d’être aussi sympathique qu’épuisante.

 

 

 

Le lendemain, départ Dazu pour y voir ses célèbres sculptures bouddhiques, qui figurent d’ailleurs sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1999. Dazu compte environ 40 sites de sculptures bouddhiques, cependant, seules cinq sont entrés à l’UNESCO. Et sur les cinq, deux sont vivement recommandés. N’ayant qu’une après-midi, je décide de n’aller voir que ces deux sites. Voici le premier site que je visite : Beishan (Colline Nord). Ce site est un ancien camp militaire, et renferme certaine des plus anciennes sculptures de la région. Les niches abritent plusieurs centaines de statues, dont certaines en piètre état à cause de leur âge.

 

Puis me voici sur le site le plus spectaculaire et le plus célèbre des sculptures de Dazu, Baoding Shan (Colline du sommet précieux). On y voit notamment un Bouddha énorme en train d’atteindre le nirvana, ou encore Guanyin aux Mille Bras, qui est le Déesse de la Miséricorde. Elle est en quelque sorte la vierge Marie du bouddhisme. La statue contient 1007 bras déployés, avec dans la paume de chaque main un œil, symbole de sagesse. La réalisation de ces sculptures se serait échelonnée sur 70 ans, de 1179 à 1249. Ces sculptures ont comme particularité d’avoir été intégrées à dessein dans leur environnement naturel, ce qui en fait un site absolument unique, et superbe.

Comme vous pouvez le voir, les postures de ces deux statues sont en contradiction avec la vision catholique, très sérieuse. Elles sont à leur aise, on dirait qu’elles sont accessibles, aptes à nous écouter. En clair, plus proches de nous.

Cette photo montre que malgré le caractère animal choisi pour leurs visages, on peut arriver à des sculptures magnifiques ; le personnage du milieu a un charisme indécent.

Cette sculpture est la roue des renaissances. Dans le bouddhisme, il y a la notion de réincarnation de notre énergie psychique qui doit réussir au fur et à mesure des vies à se débarrasser du désir et à atteindre l’Eveil, le nirvana.

Ces trois grandes statues ci-dessus sont entourées de nombreuses petites sculptures, dont en voici un exemple.

 

Voici la fameuse statue de Guanyin aux Mille bras. Malheureusement, à cause de ses 800 ans d’existence, il a été décidé une restauration qui a débuté au premier semestre 2011. Elle sera certainement finie l’année prochaine. Je n’ai donc pas beaucoup de photos à vous proposer. J’ai fait quelques zooms sur ses mains pour vous montrer le travail somptueux qui avait été réalisé à l’époque. Vous trouverez juste après une photo prise sur internet qui correspond à ce que j’aurais pu voir si j’étais venu l’année dernière.

 

Voici la photo de Guanyin avant sa restauration :

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Passons maintenant à quelques statues qui entourent le Bouddha géant couché.

 

Voici enfin le Bouddha en train d’atteindre le nirvana. Il est hors-norme : 5 mètres de haut pour 31 mètres de long. Vous trouverez une photo d’ensemble plus bas.

 

Une salle à côté nous présentait un Dieu bouddhique. Je n’ai pas encore les connaissances nécessaires pour vous expliquer les autres sculptures, donc profiter simplement du travail effectué il y a des centaines d’années.

 

 

 

Le lendemain, mon amie chinoise rencontrée quelques jours plus tôt me retrouve avec deux de ses amies pour visiter quelques lieux. Le premier : le temple bouddhiste de la vieille ville de Ciqikou.

 

Cette photo est surtout là pour vous montrer que Guanyin, déesse de la Miséricorde, est partout. Beaucoup de temples l’ont en temps que déesse. Elle peut avoir plusieurs formes : celle à onze têtes, ou celle à mille bras, entre autres.

 

Cette statue de crapaud était assez marrante : quelqu’un nous avait proposé de nous échanger des billets de 1 yuan contre des pièces de 1 yuan. Il nous avait dit de tourner le dos au crapaud, de marcher trois pas, et de lancer sans regarder la pièce en direction du crapaud en faisant un vœu. Si la pièce atterrit dans la coupelle sous le crapaud, le vœu est exaucé, si la pièce atterrit dans l’eau, on a quand même une belle journée. Mais nous n’avons pas voulu essayer. Cependant, ce côté superstitieux qu’on retrouve un peu partout en Chine était assez marrant.

 

 

 

Puis nous nous sommes rendus au Mémorial des Martyrs du Mont Gele. Petit rappel historique : en 1943, les Etats-Unis et Tchang Kaï-chek  signèrent un accord secret pour fonder  la Sino-Americain Cooperation Organisation (SACO), grâce à laquelle les Américains entraînaient et envoyaient des agents secrets pour le compte du Guomindang (le parti opposé au Parti communiste, qui se trouve actuellement à Taïwan). Dai Li, le chef du service secret du Guomindang, dirigeait également la SACO, dont le sous-directeur était un officier de la US Navy, le capitaine de vaisseau M. E. Miles. Bien que le Guomindang ne reconnaisse pas de légitimité au Parti communiste, l’Armée rouge était considérée comme une alliée contre les Japonais. Cependant, les communistes civils subirent une répression sévère. Des centaines d’entre eux furent emprisonnés, dont une grande partie dans les geôles de la SACO. Une partie des prisonniers fut exécutée.

On commence par le musée introductif. Voici Dai Li et Miles, les deux co-dirigeants de la SACO.

Puis on passe à la première prison : Zhazi Dong. Il ne faisait pas bon être prisonnier communiste à cette époque…

Comme vous pouvez le voir, les lieux ont été restaurés, mais ils n’en gardent pas moins quelques traces. Le panier de basket est d’époque. Les prisonniers avaient le droit d’y jouer deux fois par jour, pendant 15 minutes. Quant à la photo avec le mur qui a un bout peint en blanc avec des pointillés : des prisonniers avaient réussi à le faire sauter et à s’enfuir. Ceux qui sont restés se sont faits exécutés, car accusés de complicité.

Voici la maison de Dai Li et de Miles, rien à voir avec la prison du dessus.

Voici les trois chinoises qui m’accompagnent. Admirez au passage, grâce à la pente, le fait que l’on se trouve effectivement en pleine montagne, sur le mont Gele.

On passe à la deuxième prison du site : Baigongguan. Il y a une petite cascade, c’est vraiment paisible, et très beau.

Elles ont voulu faire une photo souvenir, mais au moment de la photo, elles ont dit : « Hé, si on faisait comme ça ? ». Les chinoises, en général, n’aiment pas les photos sérieuses, elles veulent juste délirer. J’ai des photos de mes deux derniers mois de vie à l’université qui vont être publiées prochainement, je pense que vous comprendrez mieux à ce moment-là.

Ce petit garçon est très connu. Il est devenu un véritable symbole en Chine. Son histoire est vraiment célèbre : il est né en prison, et n’a en fait jamais pu en sortir. Il a fini par être exécuter à un âge très jeune, 6 ans je crois. Je ne connais pas son histoire en détail, ni pourquoi il a fini par être élevé en tant que symbole national. J’éditerai plus tard si je trouve plus de détails à son sujet.

 

 

 

Puis me revoilà reparti le lendemain pour les paysages qui comptent parmi les plus impressionnants de Chongqing. Et je commence, après mes 3 heures de bus, par visiter la très grande et très belle grotte de Furong. La grotte se situe juste à côté de la rivière, dont la croisière est, dit-on, superbe. Je n’ai malheureusement pas eu le temps pour pouvoir la faire.

 

La grotte de Furong fait aussi partie de la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Chongqing possède deux entrées à l’UNESCO : Dazu et les Karsts de Chine du Sud. Dazu correspond à cinq sites, les Karsts de Chine de Sud correspondent, pour Chongqing, à trois sites. Seuls deux sont pour l’instant pleinement accessibles, la grotte de Furong et les trois ponts. Vous verrez les trois ponts plus loin.

 

Ce site a un nom, « Les baisers éternels ».

 

Ce site s’appelle « Des Milliards de Flèches ». On ne voit pas très bien, malgré le flash.

 

Voici le site le plus impressionnant de la grotte : « Le rideau en forme de chute d’eau » ; 30 mètres de haut, 21 mètres de large. Une fois devant, on ne peut que rester ébahi. C’est juste magnifique.

 

C’était à la droite du « Rideau », c’était aussi imposant, mais moins beau.

 

Elle s’appelle « L’origine de la vie ». C’est le site le plus précieux de la grotte. La figure sur la gauche fait penser à trois choses, d’après leurs explications officielles : soit un sexe masculin, soit Asia’s True Man (qu’ils ont traduit par « bien élevé asiatique », mais les traductions françaises en Chine… cependant, même en anglais, je ne vois pas trop le rapport avec la figure), soit « premier revolver du monde ».

Sa particularité est de n’être pas vertical. C’est en fait une stalagmite qui est formée ainsi à cause de la projection de l’eau. L’eau ne rebondit pas à la verticale sur le sol, la stalagmite n’a donc pas été formée verticalement. Le procédé est simple, mais cette stalagmite est unique dans la grotte.

 

Ils l’ont appelé « La grande pagode de l’oie sauvage » et « La petite pagode de l’oie sauvage », en hommage aux deux tours de Xi’an.

 

Après le « Rideau en forme de chute d’eau », voici le 2ème site le plus impressionnant de la grotte. Il fait plus de 70 mètres de haut. Et ça se passe de commentaire.

 

Me voici à la fin de la grotte, et je me trouve à « L’étang de corail » ; pour information, il a une surface de 32 mètres carrés, et le corail qui affleure à la surface peut supporter le poids d’un homme. La photo directement ci-dessous est prise du bas vers le haut, ce qui explique le fait qu’on ait du mal à comprendre dans quel sens la regarder.

 

Une petite photo d’adieu… Il n’y a pas à dire, cette grotte est immense.

 

 

J’ai eu la chance, en revenant de la grotte de Furong, de rencontrer un couple de chinois voyageurs, qui m’ont accompagné pour visiter les ponts de pierre, ainsi qu’un autre site. vous les verrez parfois sur les photos. La Chine est vraiment géniale : en sortant de voiture, une rabatteuse nous emmène dans son hôtel, qui est en fait un appartement qui a été aménagé en hôtel. Au final, on est dans un sympathique quartier. On n’a pas eu à chercher d’hôtel. Et comme d’habitude, les prix sont très bas, avec un service assez soigné.

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Le soir, on est allés manger un hotpot avec du poisson. J’étais au départ assez sceptique. En effet, le poisson en Chine a parfois un goût trop peu prononcé, ou alors est rempli d’arêtes, ou encore cumule les deux. C’est donc avec une grande joie que j’ai découvert que le poisson était un délice, tout en étant sans arête. Quant au hotpot en lui-même, il était aussi épicé qu’à Chengdu, ce qui m’a renforcé dans l’idée que la mondialisation et l’uniformisation des techniques a rattrapé la tradition. Pour manger un hotpot, aller à Chongqing n’est donc pas nécessaire si on y a déjà goûté à Chengdu.

 

 

Les Trois Ponts Naturels présentent des paysages parmi les plus impressionnants de Chongqing, et ils ont été la plus belle partie de mon voyage. On se serait vraiment cru sur un autre monde. Ou tout du moins à un autre siècle. Je vous laisse juger.

 

Il y a trois ponts, le premier, Tianlong Bridge, fait 235 mètres de haut, le deuxième, Qinglong Bridge, 281 mètres et enfin le troisième et dernier, Heilong Bridge, 223 mètres. Voici le haut du premier pont. Quant aux deux autres ponts, vous verrez une stèle qui vous permettront de les identifier.

 

Franchement, le côté « ascenseur transparent » associé à la végétation autour m’a rappelé Jurassik Park. Les vélociraptors en moins.

 

C’est sublime. Le genre de paysage où on s’assoit, et où on reste à contempler.

 

Il ne manque que deux ou trois dinosaures. Il n’empêche qu’on s’y croirait vraiment.

 

Ce bâtiment que vous avez vu du haut a été reconstruit en 2005. Il datait à l’origine de la 2ème année de la dynastie Tang (soit en 619) et était un point de raccordement important entre Fuzhou et Qianzhou, qui avait fini par être détruit. Pour ses paysages, ainsi que pour son contexte historique via ce bâtiment, un film a été tourné ici : « Curse of the Golden Flower ». C’est un film de Kung-Fu chinois. Par exemple, le chariot était un élément du film.

 

Regardez bien, on dirait la tête d’un singe : les yeux, le nez, même la bouche !

 

« Hé Wang, je n’ai plus de raccord pour le tuyau, je fais comment ? », « Ne t’embête pas, prend un morceau de bambou ! »

La Chine, c’est magique.

 

 

 

Après les trois ponts naturels, voici un autre site. C’est la Gorge de Longshui.

 

Les chinois sont très poétiques, tout du moins imaginatifs. Ils donnent beaucoup de noms à des formes qu’ils croient reconnaître. Dans les deux photos suivantes, vous pouvez donc reconnaître la tête d’un éléphant, ainsi qu’un pédant.

 

 

 

Me voici de retour à Chongqing. Pour mon dernier jour, je suis allé au Musée des Trois Gorges.

 

Les musées chinois aiment bien ce système : il y a un système de plusieurs caméras qui filment à 360 degrés, et le tout est projeté sur des écrans, donc sur tout le tour d’une salle. C’est vraiment bien fait, et les transitions entre les projecteurs sont parfois inexistantes.

 

Voici une vieille carte de Chongqing.

 

C’est une stèle pour un capitaine français mort en Chine. Voici ce qui est marqué : « Officier supérieur d’élite qui pendant deux ans s’est dépensé sans compter pour l’honneur de notre pavillon et la protection des intérêts français en Extrême-Orient décédé dans l’exercice de ses fonctions le 25 septembre 1928. »

 

Voici deux visions de la péninsule de Chongqing : de nuit, puis de jour.

 

Chongqing a une certaine importance archéologique. Il n’y a pas si longtemps, une tribu maintenant disparue a été découverte, ainsi que sa culture. La culture chinoise avait fini par englober la leur.

 

Il y avait une concession française à Chongqing, en voici encore un exemple.

 

La Chine dispose de beaucoup de sculptures de ce style pour démontrer l’atrocité de la guerre.

 

L’inflation durant la seconde guerre mondiale était absolument énorme. En 11 ans, avec 100 yuans, on passe de l’achat de deux vaches à l’achat de 3 bols de riz. La Parti communiste a mené une réforme monétaire qui a abouti sur le Yuan actuel.

 

Voici un billet de 6 milliards de yuans. Il n’est évidemment plus en circulation.

 

Le Sud-Ouest de la Chine compte la quasi-totalité des minorités ethniques. Le musée de Chongqing se devait donc d’en faire la présentation.

 

Voici de l’art primitif, qui date des Han, c’est-à-dire 2000 ans auparavant.

 

Ce petit bonhomme assez drôle de part son apparence et sa gestuelle est très connue. Des répliques sont en vente dans le musée, et des musées d’autres provinces en ont une copie.

 

Après le musée des trois gorges, voici le Palais de l’Assemblée du Peuple. L’étage du bas est un espace commercial.

 

 

Ainsi se termine mon voyage à Chongqing. Enfin, fini est un bien grand mot… Après être revenu à mon auberge de jeunesse, je prends ma valise et retraverse toute la vieille ville, où un taxi attend un client. Je lui dit que mon train part dans trois quarts d’heure, qu’il faut donc se dépêcher. Il me fait remarquer que je suis trop en retard et que j’aurais dû me préparer bien avant, mais qu’il va faire tout son possible. La première fois, si vous vous rappelez bien, j’avais mis une heure. Il y avait autant de bouchon, mais on n’a même pas mis un quart d’heure. Je devais donc arriver en retard, j’ai même eu le temps d’écouter mon MP3 le temps que le train arrive.

C’est bien simple, c’est le chauffeur de taxi le plus fou que j’ai jamais vu. Doublage par la droite sur la voie d’arrêt d’urgence, double de la police par la droite, slalom entre les voitures, passage par des voies d’accélération quand notre voie était bouchée, vitesse largement au-dessus de la vitesse autorisée. C’est bien simple, c’est le premier chauffeur de taxi que j’ai vu mettre sa ceinture, et maintenant je comprends mieux pourquoi. Le pilote qui a joué dans le film Taxi, à côté, c’est un petit joueur. Je n’ai jamais autant espérer arriver à destination, j’avais l’impression qu’on allait se prendre trois accidents à la minute. Vraiment, je n’exagère rien, c’est comme dans les films où le chauffeur de taxi dit qu’il va faire tout son possible pour vous amener rapidement à destination. En Chine, ils le font vraiment, et il n’y a ni caméra, ni producteur. La course me revenait à peu chère vu la vitesse à laquelle on allait, et le pourboire en Chine n’est pas forcément bien vu, mais dans mon cas, je lui ai donné et il n’a pas refusé.

 

Ainsi s’achève vraiment mon voyage à Chongqing. Un voyage pas de tout repos, mais j’ai envie de dire que c’est un voyage « normal » ici. L’année dernière, pendant mon voyage, des surprises et des expériences inhabituelles, j’en avais aussi chaque semaine.

Pour ceux qui voudraient voir l’album photo de mon voyage, c’est-à-dire uniquement les photos, et en meilleur résolution, voici l’adresse de mon album photo Picassa :

https://picasaweb.google.com/111346405758128483667/Chongqing

 

Prochain voyage de prévu : le Qinghai et le Gansu, pour 3 semaines ! Et ce sera pendant les 3 premières semaines de février.

 

Introduction à la langue chinoise

« Je n’y comprends rien, c’est du chinois ! »

On entend cette réflexion au quotidien et elle rend bien compte de la vision occidentale vis-à-vis de la langue chinoise : ce sont des enchaînements de caractères qui se ressemblent et ne nous parlent pas.

Langue chinoise

En fait, contrairement aux langues européennes, qui nous demandent deux phases lors de leur apprentissage (une traduction littérale puis une traduction correcte), la langue chinoise en demande trois, c’est-à-dire la traduction des caractères, puis une traduction littérale et enfin une traduction correcte.

 

Pour vous donner un petit exemple de la vie de tous les jours : en Chine, on voit très souvent les caractères chūrù píng’ān 出入平安, ils sont notamment aux entrées des bâtiments importants ou des quartiers d’immeuble. J’en ai même un accroché à ma porte de chambre. Voici par exemple un tapis :

Langue chinoise

Et donc, que nous disent ces caractères ?

Chū 出 veut dire « sortir » ; rù 入 veut dire « entrer » ; píng’ān 平安 veut dire « sain et sauf ». Ça, c’est la première étape. On peut en déduire la traduction littérale : « Que tu entres ou que tu sortes, sois sain et sauf ».

Enfin, on arrive à la traduction correcte : « Bonne route où que tu ailles » (on peut aussi utiliser le vouvoiement).

Autant vous dire qu’en chinois il est assez courant, au début, de comprendre tous les sinogrammes qui composent une phrase tout en étant incapable de la traduire.

Cet exemple est un peu fourbe car cette tournure ne correspond pas à la langue orale, mais elle permet de montrer clairement les trois niveaux de traduction. Et même si elle ne correspond pas à la langue orale, vu qu’on voit cette phrase en permanence, il est quand même de bon usage d’en savoir la signification.

 

 

 

Pour les phrases plus simples, le chinois ressemble aux langues européennes, avec l’ordre : sujet + verbe + complément. « Je suis français » garde donc le même ordre en chinois. La précision précédente paraît peut-être surfaite pour les néophytes, mais il faut savoir que toutes les langues n’ont pas ce système. Par exemple, en japonais, le verbe se trouve à la fin de la phrase. En arabe, on lit de la droite vers la gauche. Entre autres subtilités.

Par contre, pour l’usage du possessif, le « de » français, l’ordre est le même qu’en anglais : « l’ordinateur de Marie » se dit donc « Marie de ordinateur » (mǎlì de diànnǎo 马丽的电脑) en chinois, « Marie’s computer » en anglais. Ainsi, pour les noms de lieux, là aussi l’ordre des mots est inversé en français mais est le même qu’en anglais. Par exemple, « Mont Emei » se dit « Emei montagne » (Éméi shān 峨嵋山) en chinois, « Emei mountain » en anglais. Ainsi, l’implantation de l’anglais sur les panneaux routiers est facilité, car l’ordre des caractères correspond à l’ordre anglais ce qui permet de faire correspondre chaque caractère au mot anglais. Ce n’est cependant pas le cas des phrases plus complexes car la grammaire chinoise a ses particularités.

 

 

 

Passons maintenant aux caractères en eux-mêmes : ce sont des unités de sens, dont le tracé correspond à l’origine, pour les caractères les plus simples, au dessin d’une action ou d’un objet, voire même d’un paysage. Ils sont maintenant assez simplifiés et il faut se pencher sur les formes les plus anciennes pour retrouver ce qui était représenté à l’origine.

Voici quelques exemples. Le premier représente un cheval, on voit bien l’évolution de la forme du caractère pour arriver au caractère actuel. Le deuxième caractère correspond à l’idée générale de véhicule à roues, on retrouve donc ce caractère pour le vélo, la voiture, le pousse-pousse, etc. Pour ce qui est de ce caractère, la première version correspond à un véhicule à deux roues, la deuxième version à un véhicule à une roue ; la troisième version quant à elle, même si elle ressemble beaucoup à la deuxième, correspond en fait à un char vu de dessus. La quatrième et dernière version de ce caractère constitue en une version simplifiée de la troisième version.

Le troisième caractère est le caractère du poisson, sa première forme est très reconnaissable. Enfin, nous avons les caractères du Soleil et de la Lune, qui eux aussi ont une première forme très expressive.

Langue chinoiseLangue chinoise

Il y a au maximum six versions différentes d’un caractère, au niveau de ses traits, et cinq styles différents. Au final, en combinant style et tracés des traits, un même caractère peut avoir jusqu’à neuf formes différentes. Voici un exemple avec le caractère cheval :

Langue chinoise

Au niveau de son tracé, il y a les caractères archaïques (caractères d’oracle jiǎgǔwén 甲骨文 et caractères de bronze jīnwén 金文), puis il y a le style sigillaire (zhuànwén 篆文, qui inclut dàzhuàn 大篆 et xiǎozhuàn 小篆, caractères utilisés sur les sceaux chinois et qui dérivent des caractères archaïques), le style des scribes (lìshū 隸書, les caractères sont écrits avec des règles d’écriture précises, caractères découlant du style sigillaire), le style régulier (kǎishū 楷書, qui inclut fántǐ 繁体 et jiǎntǐ 简体, qui sont actuellement utilisés sur ce blog et dans la plupart des documents en chinois), le style courant (xǐngshū 行書, style utilisé en calligraphie et dans la vie courante par beaucoup de chinois car il permet d’écrire bien plus vite tout en permettant d’être encore lisible et compréhensible) et enfin le style d’herbe (cǎoshū 草書, qui est un style calligraphique réservé au domaine de l’art, dans lequel le caractère est abrégé et réduit à sa forme fondamentale, et qui est difficilement lisible pour le l’œil non entraîné).

Voici le 出入平安 de tout-à-l’heure, avec un style différent :

Langue chinoise

En clair, par analogie, le style régulier correspond en français au style « détaché » et le style courant au style « attaché ». Ainsi, les étrangers en Chine écrivent souvent en style régulier ce qui fait parfois rire les chinois qui nous expliquent qu’on écrit comme des enfants de six ans. De plus, les étrangers ont, en tout cas au début, du mal à lire le style courant.
Les chinois ont cependant le même problème en France, ils écrivent en détaché et ont du mal à lire les français qui écrivent en attaché.

Quelque soit le pays d’où l’on vient, l’apprentissage d’une langue a son lot de difficultés…

 

 

 

Les caractères (appelés aussi sinogrammes) sont classés en quatre catégories : les pictogrammes, les idéogrammes, les idéo-phonogrammes et les emprunts (on peut aussi ajouter les indicateurs).

Les pictogrammes sont les caractères dits simples qui sont des représentations directes (tel le caractère de la bouche kǒu 口, ou encore le caractère de la montagne shān 山) ou imagées (tel le caractère du roi wáng 王, dont le premier trait horizontal du bas symbolise la Terre, celui du milieu les Hommes et êtres vivants, et le dernier vers le haut symbolise les Dieux et le ciel ; le roi est le trait vertical, il est donc le lien entre les cieux, les hommes et la Terre).

Les idéogrammes sont des assemblages de pictogrammes pour avoir des caractères avec des sens plus recherchés, ils utilisent notamment les clés qui sont des caractères réduits voire abrégés, et qui ne peuvent s’utiliser seuls. Par exemple, le sinogramme qui voudra dire « clair » ou « lumineux » sera composé du pictogramme du soleil et de celui de la lune (日+月), ce qui donnera 明 (míng), qui exprime effectivement une idée de clair et de lumineux. La clé de la main correspond au caractère de la main à la fois réduit et abrégé, qui se trouve dans beaucoup de caractères. La clé de la bouche quant à elle correspond au caractère réduit de la bouche, il n’est pas abrégé compte-tenu de sa relative simplicité à la base. La réduction des caractères une fois en clé s’explique par le fait qu’un caractère chinois doive respecter la contrainte d’être contenu dans un carré virtuel. Donc plus le caractère a de traits, plus les caractères et les clés assemblés pour former le-dit caractère sont « compressés » pour respecter ces contraintes graphiques.

Les idéo-phonogrammes doivent aussi respecter ces contraintes graphiques. Ces sinogrammes reposent sur l’idée géniale qu’est celle d’associer un caractère qui permet de renseigner sur le sens du caractère (généralement placé à gauche ou en haut) et un autre caractère qui permet de renseigner sur sa prononciation (généralement placé à droite ou en bas). De nombreux caractères chinois ont été formés de cette façon ce qui fait qu’actuellement environ 90% des sinogrammes utilisés dans la vie courante sont des idéo-phonogrammes.
Si l’idée est géniale, dans la pratique, ce n’est pas si parfait que ça : le sens est le plus souvent difficilement devinable et la prononciation est approximative. Cependant, une fois ces caractères appris, les caractères en eux-mêmes sont des sortes d’aide-mémoire pour se rappeler de leur sens et de leur prononciation. Par exemple, partant de la clé de la bouche (kǒu 口), et lui ajoutant le pictogramme du cheval (mǎ 马), on obtient l’idéo-phonogramme qui sert à marquer l’interrogation (ma 吗), qui est une particule grammaticale se mettant en fin de phrase et que l’on peut traduire en français par « Est-ce que … ? ».

Les emprunts sont des caractères empruntés à des originaux. Ces derniers se sont vus rajouter des éléments graphiques (ou « clés ») pour les différencier. Par exemple, le sinogramme néng 能 qui représentait l’ours a été emprunté pour signifier la notion de « pouvoir faire quelque chose » (physique et pas mental). Le sinogramme « ours » s’écrit désormais ainsi : 熊 (xióng). On y a rajouté la clé des « 4 pattes » pour indiquer qu’il s’agit d’un animal.

Enfin, les indicateurs sont des éléments que l’on peut rajouter à d’autres caractères pour en faire de nouveaux. Par exemple, mù 木 est le caractère qui correspond au pictogramme de l’arbre, et si on lui rajoute un petit trait horizontal à la base du trait vertical, on forme le caractère běn 本, qui veut dire « racines », « origine ». De la même façon, le caractère wáng 王, qui veut dire roi, empereur, a permis de former le caractère yù 玉, qui veut dire « jade ». En effet, le trait sur le côté est là pour symboliser la bague en jade que les empereurs avaient coutume de porter.

Les idéogrammes sont à mon sens les caractères les plus intéressants. Par exemple, le caractère dé 得 signifie obtenir (il a aussi d’autres sens, ainsi que des propriétés grammaticales, mais cela ne nous intéresse pas ici). La partie gauche de ce caractère est la clé du pas du pied gauche, en haut à droite, c’est un coquillage et juste en-dessous, c’est un pouce. En Chine ancienne, la monnaie était composée de coquillages, donc se promener sur la plage et ramasser des coquillages « avec son pouce » signifiait logiquement « obtenir ». C’est un peu tordu mais c’est effectivement comme ça que ce caractère a été formé. Un exemple plus simple : xíng 行 est composé à sa gauche du pas du pied gauche et à sa droite du pas du pied droit. Ce caractère signifie ainsi « marcher ». Autre exemple : guāng 光 représentait originellement en haut une torche et en bas un homme, avec les simplifications, il n’en reste plus que les « jambes ». Un homme qui porte une torche, il est donc logique que ce caractère veuille dire « lumière ». Le caractère lóu 楼 est lui aussi intéressant : la partie de gauche est un arbre, mais dans le sens « du bois coupé », en haut à droite, c’est du riz et en bas à droite, c’est une femme. On a donc une femme qui prépare du riz sous une « construction en bois », le caractère signifie donc « bâtiment », « étage », « pavillon ».

L’étude de l’origine des caractères est donc passionnante et permet de mieux comprendre la langue chinoise. Les idéo-phonogrammes, les caractères les plus présents, ne peuvent pas être expliqués de cette façon car une partie ne sert pas à expliquer le sens, elle n’est que phonétique. Cependant, rien que la partie sémantique du caractère est parfois riche de sens. Par exemple, un des caractères de mon prénom chinois est hàn 瀚. La partie de gauche est la clé de l’eau, la partie de droite est la partie phonétique, hàn 翰. Je vous l’avais expliqué dans un autre article, le caractère présent dans mon prénom signifie « vaste », c’est-à-dire l’impression que l’on a quand on regarde l’océan, d’où la présence de la clé de l’eau.

Il est donc toujours possible d’expliquer les caractères, mais c’est un peu plus dur, et un peu moins intéressant. En effet, l’on a que des clés avec des notions générales, qui sont effectivement liées au sens du caractère, mais qui rendent bien moins compte du sens que dans un idéogramme dont chaque partie en rend compte.

 

 

 

Pour ce qui est de la prononciation, le chinois utilise officiellement le pinyin, qui est la romanisation des sinogrammes. Mao Tsé-toung (Mao Zedong en pinyin) avait voulu faire adopter cette romanisation des caractères en lieu et place des caractères, ce qui a bien sûr fait un tollé en Chine populaire, car personne ne savait lire le pinyin, personne ne voulait se débarrasser des caractères. Finalement, il a opté pour une simplification des caractères, pour que l’apprentissage du chinois aux paysans soit plus aisé. La simplification des caractères est donc communiste ; Taïwan étant républicaine et opposé au parti communiste, ils n’ont jamais eu besoin de s’y adapter. A Taïwan, on utilise donc encore le chinois traditionnel. La prononciation ne change pas, seule l’écriture change. Les taïwanais disent ainsi qu’ils écrivent le « vrai chinois ». Effectivement, le chinois traditionnel colle bien plus à la sémantique des caractères là où les caractères simplifiés (donc certains simplifications ne sont pas forcément jugées judicieuses) ne sont là que pour être plus faciles et rapides à écrire.

Un caractère traditionnel est généralement plus équilibré (et plus beau) qu’un caractère simplifié. Voici un petit exemple, la partie de gauche est en caractères traditionnels, la partie de droite en caractères simplifiés :

Langue chinoise

Langue chinoise

Le pinyin a son lot de difficultés pour le néophyte : « zh » se prononce « dj », « x » se prononce « ch », entre autres bizarreries. Cependant, d’autres sont plus intuitifs : « d » se prononce « d », « sh » se prononce « ch », etc.

Le chinois ne serait rien sans les tons : en plus de travailler le pinyin car certains sons n’existent pas en français (par exemple « ri » se prononce presque comme « je » en français, mais avec la langue retranché à l’intérieur de la bouche, ce qui demande pas mal de pratique), il faut aussi travailler les tons. Combiner les deux demande un long entrainement. On commence au départ par travailler le pinyin, puis les tons.

En quoi consiste les tons ? Il y quatre tons et un ton neutre (l’équivalent de la prononciation française). Le premier ton est un ton haut et long, une sorte de « la » en musique qu’il faut tenir une seconde ; le deuxième est un ton montant ; le troisième est un ton montant-descendant et le quatrième est un ton descendant. Ils sont parfois difficiles à différencier, même pour les chinois.

Le fait est que le chinois possédant peu de sons via le pinyin, les tons permettent de multiplier les possibilités. Ainsi, suivant le ton utilisé, le sinogramme est différent, et a donc un sens différent :

ma 吗 : caractère qui se place en fin de phrase pour indiquer que c’est une question ;
mā 妈 : maman ;
má 麻 : chanvre ;
mă 马 : cheval ;
mà 骂 : injurier.

Les jeux de mots en chinois sont donc faciles à faire, mais chose moins marrante, on peut, surtout au début de l’apprentissage, confondre pas mal de caractères quand on les entend à l’oral.

 

 

 

Dernier point que je vais aborder pour cette introduction : la formation des mots en chinois. Comme je l’ai expliqué précédemment, il arrive facilement de se tromper à cause des tons utilisés. Cependant, les caractères chinois sont rarement utilisés seuls, pour former des mots, on les met par deux. Ainsi, cela permet aux étrangers, sans faire trop attention aux tons au début, de communiquer sans trop de problème. En effet, si « ma » en pinyin désigne énormément de caractères, māma 妈妈 ne peut que désigner le mot « maman », on ne peut le confondre avec aucun autre, quelque soit les tons utilisés. Il existe effectivement des cas où même associés par deux il y a plusieurs possibilités, mais vu le contexte, on peut se débrouiller. Il est bien entendu plus facile pour nous faire comprendre d’utiliser les tons, surtout avec les gens connaissant mal le mandarin, mais quand on ne les maîtrise ou connaît pas encore très bien, le fait d’avoir les caractères par deux ou plus est très utile.

Je pense et j’espère que vous en savez plus, et surtout que vous comprenez mieux cette langue qui au premier abord paraît si complexe !

Fête du Double Neuf

La Fête du Double Neuf, appelée aussi Fête du Double Yang ou encore Fête des Chrysanthèmes, a lieu tous les ans le 9 septembre du calendrier traditionnel chinois (soit la dernière lunaison de l’automne), ce qui correspond au 9.9, le « double neuf ». Cette année, cela tombe le 5 octobre. En chinois, cela se dit chóngyángjié 重阳节 (littéralement, « fête de la répétition du yang »), ou encore chóngjiǔjié 重九节 (littéralement, « fête de la répétition du neuf »), car 9 est un chiffre yang selon le « Yi Jing » (Livre des mutations, un ouvrage ancien important qui a beaucoup influencé la pensée chinoise), qui par ailleurs symbolisait la bonne fortune, le bonheur et la clarté.

Fête du Double Neuf

C’est une des fêtes traditionnelles chinoises que comptent le calendrier chinois (ce dernier compte officiellement 12 fêtes), cependant, elle ne fait pas partie des 6 fêtes importantes. De ce fait, elle est de nos jours très inégalement observée. Néanmoins, son existence et les coutumes qui y sont associées continuent d’être enseignées aux jeunes générations à travers les cours de civilisation du programme des écoles primaires.

 

Fête du Double Neuf

 

L’activité principale du jour, qui consiste à grimper sur une hauteur pour y pique-niquer (en chinois, dēnggāo 登高, d’où la fête tire encore une autre appelation : la « fête où l’on gravit les hauteurs ») est censée reproduire une action ayant autrefois sauvé la vie à un groupe de gens. Il existe plusieurs versions de l’histoire différant par l’identité des personnages et le type de calamité évitée.

Voici une de ces légendes :

Un homme nommé Huan Jing apprit le taoïsme auprès d’un prêtre taoïste du nom de Fei Changfang. Un jour, son maître lui prédit : « Le 9e jour de la 9e lune, une catastrophe arrivera dans ta famille. Pour y échapper, vous devrez chacun porter à votre bras un sachet de graines de tetradium, escalader une montagne et boire de l’alcool de chrysanthème ». Ce jour arrivé, suivant les conseils de son maître, Huan Jing partit avec les siens. De retour chez lui, il trouva ses poules, ses cochons et son chien morts. Depuis lors, pour échapper au mal, la population avait coutume, ce jour-là, de porter un sachet de graines de tetradium, de boire de l’alcool de chrysanthème et d’escalader une montagne.

Sous la dynastie des Tang (618-907), ces coutumes étaient déjà très populaires. On se réunissait également pour bavarder, boire du vin et composer des vers. Les empereurs de toutes les dynasties ont assisté en personne aux festivités. Les poètes des époques passées, très inspirés, ont écrit d’innombrables poèmes à ce sujet, qui font mention d’une ascension de colline, pour s’écarter d’épidémies, entre autres.

Selon les notes sur les conditions et mœurs des différentes régions, « porter une branche de tetradium peut chasser les mauvais esprits et protéger l’homme contre le froid à la fin de l’automne ». Le tetradium est un arbre qui fleurit à la fin du printemps et porte des fruits en automne. Ses fruits sont utilisés en médecine et dans la fabrication du vin, et servent à protéger l’homme contre le froid, apaiser les douleurs, réguler l’énergie vitale, etc. Ses feuilles ont pour vertu de guérir le choléra, et ses racines de tuer les insectes. D’ailleurs, son odeur suave chasse les moustiques.

 

Chrysanthèmes

 

On associe encore aujourd’hui à cette excursion la consommation de vin de chrysanthème (júhuājiǔ 菊花酒), justement en pleine floraison, qui est censé prévenir les maladies ; ainsi que le tetradium (zhūyú 茱萸), censé conjurer le mauvais sort. Cette dernière coutume vient du fait qu’au temps des premières dynasties, des branches et des feuilles étaient suspendues aux portes et fenêtres pour chasser les démons ; pour se protéger et pour l’aspect esthétique, les femmes aimaient mettre une fleur dans leurs cheveux.

En Chine, pays natal des chrysanthèmes, la plantation générale de ces fleurs est une longue histoire. Le vin aux chrysanthèmes peut non seulement prévenir des maladies mais aussi prolonger la vie. Selon la légende, on prépare du vin aux chrysanthèmes à l’occasion de la Fête du Double Neuf pour le boire l’année suivante à la même occasion. Le neuvième jour du neuvième mois lunaire, on prend des fleurs et quelques feuilles vertes, on les mélange aux céréales et on prépare un vin à boire le même jour de l’année qui suit. Du point de vue médical, le vin aux chrysanthèmes peut éclaircir la vue, guérir les vertiges, diminuer l’hypertension, faire maigrir, détendre le corps, tonifier le foie, tranquilliser les intestins et l’estomac et faire circuler le sang.

Voici une photo du fruit du tetradium :

Tetradium

Voici quelques photos de chrysanthèmes :

Chrysanthèmes
ChrysanthèmesChrysanthèmesChrysanthèmes

 

 

Les collines étant des lieux de sépulture, dans certaines régions, on visite et nettoie les tombes des ancêtres comme au jour de la Fête des Clartés, appelée aussi Fête des Morts (qui au niveau symbolique correspond à la Toussaint pour les occidentaux).
Ce lien avec les tombes ancestrales et le fait que le chiffre neuf (jiǔ 九) [homonyme de longtemps (jiǔ 久) ; pour l'anecdote, afin de s'assurer leur règne éternel, les empereurs de la dynastie des Ming et des Qing firent construire 9 999 pièces dans leur palais impérial, à Pékin] soit un symbole de longévité ont eu pour effet qu’en 1989 le gouvernement chinois a annoncé officiellement la Fête du double neuf comme étant « Journée de la personne âgée ». Ce jour-là, les organismes administratifs, organisations populaires et bureaux de quartiers résidentiels organisent pour les retraités des excursions en montagne, l’admiration des paysages d’automne dans des sites pittoresques ou encore des activités sportives. Beaucoup de familles offrent également aux aînés un cadeau ou les accompagnent pour faire une promenade.

Voici quelques photos d’un évènement organisé pour les personnes âgées :

Un couple portant d’anciennes tenues de mariage traditionnels chinois pose pour une photo à Taipei, sur l’île de Taiwan (sud-est de la Chine), pour célébrer la fête du double neuf, le 4 octobre 2011.

Fête du Double Neuf

Fête du Double Neuf

Des employés offrent des roses à des personnes âgées, toujours à Taipei.

Fête du Double Neuf

Un homme âgé de 84 ans, vêtu comme un ancien soldat chinois, embrasse sa femme, lors du même évènement.

Fête du Double Neuf

 

 

D’autres activités qui tirent parti des caractéristiques saisonnières enrichissent la fête : on peut y voir des gens faire du cerf-volant, le vent étant souvent fort à cette période, ou contempler des chrysanthèmes (en automne, les différentes sortes de chrysanthèmes s’épanouissent et sont toutes aussi belles les unes que les autres). Pour les chinois, cette plante est symbole de bravoure et de persévérance, parce qu’elle fleurit en plein automne, période où il commence à faire froid, et qu’elle reste droite malgré les bourrasques de vent. Admirer les chrysanthèmes pendant la fête du Double Neuf est une vieille tradition. Cette fête est déjà mentionnée dans des écrits de l’époque des Han occidentaux (dynastie qui date d’un peu plus de 2000 ans) décrivant la vie dans Chang’an, la capitale (qui correspond aujourd’hui à Xi’an, où non loin de là se trouve l’armée de terre cuite). Sous la dynastie des Qing avait lieu la foire aux chrysanthèmes tous les trois ou cinq ans autour du 9e jour de la 9e lune. La foire qui tombait tous les soixante ans était un événement exceptionnel. A la foire, des poètes composaient des poèmes sur les fleurs, et des peintres dessinaient les fleurs à l’aide de leur pinceau. Ce genre de foire existe encore aujourd’hui dans certaines régions, où sont exposés des chrysanthèmes ornementaux, médicinaux et comestibles.

 

Chrysanthèmes

 

Un gâteau cuit à la vapeur (chóngyáng gāo 重阳糕) contenant des châtaignes, des pignons de pin et autres graines et fruits secs, decoré d’un drapeau en papier, est également au menu de la journée. Des gâteaux plus élaborés sont également préparés, parmi ceux-là, le gâteau neuf-feuilles (dont la forme la plus recherchée est une pagode de 9 étages surmontés de deux petits moutons pour cause d’homonymie ; mouton se dit yáng 羊, donc deux montons correspond au « double yang », du nom de la fête) est le plus connu. Comme tous ses homologues des fêtes chinoises, ce gâteau (gāo 糕) par son homonymie avec « haut » (gāo 高) représente un souhait de développement et de prospérité.

Voici un Chongyang gao :

Fête du Double Neuf

Et voici un Neuf-feuille :

Fête du Double Neuf

D’autres articles sur les fêtes traditionnelles chinoises vont suivre prochainement, restez à l’écoute !

Fête de la Lune

La Fête de la Lune, appelée aussi Fête de la Mi-Automne (traduction littérale du nom de la fête en chinois : zhōngqiūjié 中秋节) a lieu tous les ans le 15 août du calendrier traditionnel chinois, ce qui correspond au 12 septembre de cette année (l’année prochaine cela aura lieu le 30 septembre). Le calendrier traditionnel dépendant de la Lune, le 15 août est donc forcément une pleine Lune.

Bonne fête de la mi-automne !

C’est une des six fêtes importantes chinoises, contrairement à la fête des professeurs que j’avais présenté plus tôt et qui ne concerne que le milieu scolaire. Ces six fêtes sont donc, en plus de la fête de la Lune, la fête nationale, la fête du Printemps (nouvel an chinois), la fête des lanternes, la fête des pures clartés et la fête des bateaux-dragons. Seulement deux de ces fêtes donnent droits à des congés d’une semaine (ces congés sont obligatoires et constituent les deux seules semaines de congé auxquelles les chinois ont droit, ce sont la fête du printemps et la fête nationale (elles sont appelées les Golden Week) ; certains ont le droit à plus, notamment pour le nouvel an chinois, mais cela dépend des compagnies). Jusqu’en 2007, une troisième Golden Week existait, celle de la fête du travail (cette importance pour cette fête venant du fait que la Chine est un pays socialiste). Mais actuellement, elle a été ramenée à trois jours. La fête de la Lune quant à elle est un jour férié, mais là encore cela dépend des compagnies, certains n’y ont pas droit et travaillent (par exemple, j’ai commencé les cours ce jour-là, je n’ai pas eu de jour férié, tout comme mes professeurs). Cette année, cela tombait un lundi, ce qui tombait bien pour les chinois qui pouvaient profiter d’un week-end de trois jours !

 

 

Cette fête est appelée fête de la mi-automne tout simplement car le 15 août est le milieu de l’automne dans le calendrier traditionnel chinois. La Lune y est la plus pleine et la plus lumineuse de l’année.

Pleine lune

Pour célébrer cette fête, il est de coutume de manger des Gâteaux de Lune (yùe bǐng 月饼) tout se baladant sous le clair de Lune, ce qui fait que cette fête a une connotation assez romantique pour les couples. Ces ballades romantiques remplacent une tradition en vigueur autrefois, la « cueillette des melons » (tōuguācài 偷瓜菜), une sorte de rituel pour les jeunes filles qui leur permettait d’augurer de leur avenir matrimonial. Elles partaient dans les champs et potagers, à la tombée de la nuit, arracher à tâtons un plant de légumes. Du type de légume arraché dépendant la « prédiction ». Certains types, la ciboule (cōng 蔥) par exemple, étaient de bon augure.

Cette fête est une des deux fêtes traditionnelles chinoises à connotation romantique, la deuxième étant la « Nuit du Septième mois », considérée comme la Saint-Valentin chinoise, et qui a lieu début août.

 

 

La forme des gâteaux de Lune est ronde ou carrée (la forme carrée vient du sud, de la région de Canton). A l’intérieur, les gâteaux sont traditionnellement fourrés de sojas rouges (haricots rouges) transformés en pâte sucré, de graines de tournesol ou de lotus écrasées, ou encore de jaune d’œuf salé de cane (mes préférés !).

Gâteau de Lune

De nos jours, on a vu apparaître des gâteaux de lune fourrés au chocolat, aux fruits et même à la glace. La plupart des gâteaux de lune se mange froid mais certains se mangent chaud comme par exemple celui fourré à la viande de porc hachée. Les gâteaux sont recouverts d’une pâte assez épaisse qui n’a pas beaucoup de goût parce qu’elle est composée essentiellement de farine. Sur celle-ci, presque tous les gâteaux de lune ont un caractère chinois dessiné, il est censé apporter la chance, la santé, le bonheur, entre autres.

Gâteau de Lune

En plus de celui-ci, on peut trouver également un ou deux autres caractères pour informer l’acheteur avec quels aliments le gâteau est fourré.

 

 

Un peu d’histoire…

Plusieurs théories expliquent cette tradition de manger les gâteaux de Lune à la mi-automne.

Cependant, elles s’accordent toutes sur le fait qu’un hommage était rendu au Soleil pendant le printemps, expression de la montée du Yang, donc du Soleil, et à la Lune pendant l’automne, saison où le Yin, donc la Lune, reprend l’avantage. L’origine de cette fête pourrait alors remonter à l’époque des dynasties Wei et Jin, où l’on dansait au clair de Lune pour célébrer la fin des moissons.

Des documents de la dynastie Zhou (du XIème siècle à 256 avant notre ère) mentionnent également la mi-automne. Petit à petit, lettrés et nobles rendirent hommage à la Lune, lui exprimant leurs sentiments durant cette nuit de pleine Lune. La tradition en tout cas gagne l’ensemble du peuple chinois, pour devenir une coutume.

Dans la dynastie des Tang (618-901), une minorité nationale du nord Tujue attaquait souvent la frontière de la Chine, et troublait fréquentement la vie du peuple du nord. L’empereur Li Shimin contrarié, décida de battre l’ennemie et de renforcer la défense aux frontières. Il envoya donc le célèbre général Li Jing affronter son adversaire. Après quelques mois de guerre, ce dernier réussi à repousser les Tujues et a ramener la paix. Le 15 août du calendrier lunaire, le général Li Jing rentra à Chang’an, la capitale de la dynastie des Tang, en grandes pompes. Les habitants de Chang’an battaient alors du tambour et sonnaient les cloches pour accueillir leur héros. Ce jour là, un marchand tibétain à Chang’an créa un gâteau spécial de forme ronde et coloré en honneur à l’empereur. Li Shimin, ravis en distribua aux ministres et dit que ce gâteau devait être mangé pour inviter la lune. C’est la raison pour laquelle on appelle ce gâteau, « Gâteau de lune » . Depuis, les chinois ont gardé l’habitude de manger le gâteau de lune lors de la fête de la mi-automne.

La tradition historique populaire veut que le signal de la révolte des Chinois Han contre la dynastie mongole Yuan qui allait amener l’avènement des Ming ait été donné par le biais de messages cachés à l’intérieur de ces pâtisseries. En effet, à la différence des chinois, les mongols ne mangeaient pas ces gâteaux. Le message caché dans les gâteaux était « Tuez les barbares le quinze du huitième mois ».

Actuellement, il est courant entre amis chinois de s’échanger des gâteaux de Lune en signe d’amitié. Il y a plusieurs sortes de qualité pour l’emballage. Il y a l’emballage basique, que vous pourrez voir plus bas, c’est seulement pour acheter pour soi ; il y a l’emballage dans une petite boîte individuelle en carton, c’est ce que les chinois achètent pour s’offrir entre amis ; enfin, il y a de très belles boîtes de collection, qui coûtent assez chères, et que l’on peut offrir entre patrons ou commerciaux pour entretenir de bonnes relations (les fameuses « guanxi », très importantes en Chine).

Par exemple, voici un gâteau de Lune (dans son emballage basique) que j’ai acheté quelques jours avant la fête de la Lune, on en trouve vraiment partout.

Gâteau de Lune

Voici un coffret luxueux pour les « guanxi », mais sachez qu’un sachet individuel comme dans cette boîte est ce que l’on peut s’offrir entre amis :

Boîte de luxe

 

 

…ainsi que quelques légendes.

En Chine, il existe de très nombreuses légendes, et la fête de la Lune n’est pas épargnée par le folklore chinois.

Une des légendes est en rapport avec Chang’E (Cháng’é 嫦娥), déesse de la Lune.

Chang'E

Il y a très longtemps, la Terre était entourée de dix soleils, chacun illuminant à son tour la Terre. Mais un jour, les dix soleils sont apparus en même temps, faisant bouillir les mers, desséchant les terres et la végétation. Les gens périssaient. Sur la demande de l’Empereur Céleste, Hou Yi, un courageux et habile archer, abattit neuf soleils à l’aide de son arc (n’en laissant qu’un dans le ciel), châtia le démon des eaux Hebo et tua nombre de monstres et d’animaux féroces. Le peuple l’aimait et le vénérait. Yi voyageait beaucoup, se liait d’amitié avec la population et menait une vie paisible.

Un jour, alors qu’il chassait dans les bois, Yi traversa un ruisseau et aperçut sur l’autre rive une jeune fille en train de puiser de l’eau avec un tube de bambou. Sa longue course l’avait assoiffé. Il s’approcha de la jeune fille et lui demanda à boire. Devinant qu’il était le héros Yi, elle l’accueillit aimablement, lui offrit à boire et lui cueillit une belle fleur en témoignage de son respect. Yi choisit alors dans ses trophées une magnifique peau de renard et lui en fit cadeau.

En bavardant avec elle, il apprit qu’elle s’appelait Chang’E. Ses parents avaient été tués par des animaux sauvages. Depuis, elle vivait seule. Yi se prit de pitié pour elle et Chang’E le respectait beaucoup. Les deux jeunes gens tombèrent amoureux l’un de l’autre. Peu de temps après, Yi et Chang’E se marièrent et devinrent inséparables. Très attachés l’un à l’autre, ils menaient une vie heureuse, et Yi oublia complètement de retourner au ciel.

Trois années plus tard, l’Empereur Céleste ordonna à Yi de retourner au ciel. Lorsqu’Il apprit que Yi s’était marié sur Terre et ne voulait pas revenir au ciel, il se mit dans une grande colère. Dès lors, il fut interdit à Yi de remonter au ciel, mais ce dernier se consola en trouvant qu’il était plus heureux sur terre. Ainsi continua-t-il à vivre ici-bas.

Mais Yi savait que la vie des êtres humains a ses limites. Un jour, il dit à sa femme :

- Quand j’étais au ciel, j’ai entendu dire que dans les monts Kunlun, à l’Ouest, habite la Reine-mère d’Occident. Elle possède une pilule d’immortalité. Je vais aller la chercher.

Ils étaient très tristes de cette première séparation mais, pour vivre éternellement tous les deux, ils étaient prêts à affronter le danger et la mort. Yi prit son arc et ses flèches, enfourcha un bon cheval et se dirigea vers l’Ouest. Après avoir surmonté d’innombrables difficultés, Yi arriva enfin au pied des monts Kunlun. Yi arriva enfin au pied des monts Kunlun. La Reine savait que Yi était un héros céleste qui avait délivré le peuple de nombreux fléaux. Aussi l’accueillit-elle avec beaucoup de respect.

Ayant appris le but de sa visite, la Reine ordonna à l’Oiseau à trois pattes, gardien des pêches d’immortalité, d’apporter une calebasse contenant une pilule d’immortalité fabriquée à partir d’un des fruits de l’arbre d’immortalité. Cet arbre ne donnait des fruits qu’une fois tous les trois mille ans ; c’est pourquoi ces pilules étaient très rares et extrêmement précieuses.

- Emporte cette pilule, dit la Reine, c’est la seule qu’il me reste. Néanmoins, c’est largement suffisant pour ton épouse et toi : prenez-en chacun la moitié, et vous deviendrez immortels. Mais attention, si l’un de vous deux l’avale entière, il s’envolera au ciel et ne pourra jamais plus redescendre sur Terre.

- Je ne suis venu chercher la pilule d’immortalité que pour vivre éternellement avec Chang’E, répondit l’Archer céleste.

Puis il prit la calebasse, remercia la Reine et partit. Lorsque Yi retrouva Chang’E, il lui raconta tout ce qui s’était passé et lui confia la pilule d’immortalité.

- Je suis passé par mille épreuves pour aller la chercher. Si nous la partageons, nous deviendrons immortels tous les deux. Mais si l’un de nous l’avale entière, il ira au ciel sans espoir de retour. Garde-la précieusement, nous la partagerons un jour faste prochain et nous vivrons ensemble éternellement heureux.

Chang’E mit la calebasse dans sa poche avec précaution.

Yi habitait sur la Terre depuis longtemps déjà et un grand nombre de jeunes gens venaient le voir pour apprendre le tir à l’arc. Yi leur enseignait consciencieusement son art. Lorsque le maître est compétent, ses disciples sont brillants, dit le proverbe. De fait, la plupart de ses élèves devinrent de célèbres archers.

L’un d’entre eux s’appelait Feng Meng. C’était un bon archer, mais un homme ambitieux et jaloux. Il caressait l’espoir que son maître mourût avant lui, afin de devenir le meilleur archer du monde. Un jour que Yi était allé chasser, Feng Meng en profita pour pénétrer chez lui et menaça Chang’E de son arc.

- Donne-moi vite la pilule d’immortalité, lui ordonna-t-il, sinon je te tuerai.

Surprise, Chang’E lui demanda :

- Feng Meng, tu es le disciple de Yi ; pourquoi… ?

- Je ne considère plus Yi comme mon maître. Devrais-je toujours rester un archer de second ordre toute ma vie ? Non, car il mourra avant moi ! rétorqua Feng Meng en riant sarcastiquement.

Chang’E était rouge d’émotion et de colère.

- Allons, dépêche-toi de me donner cette pilule ! cria Feng Meng en brandissant son arc d’un air menaçant.

Chang’E pensa à toutes les épreuves que son mari avait dû traverser pour aller chercher la pilule d’immortalité. Elle ne devait pas laisser Feng Meng s’en emparer. Alors Chang’E sortit de sa poche la pilule et, au moment où Feng Meng tendait la main, la porta rapidement à la bouche. Elle l’avala et s’élança vers la porte. Chang’E avait déjà franchi le seuil lorsqu’elle se sentit toute légère et s’envola vers le ciel. En pensant à son mari resté sur terre, elle décida de se réfugier sur l’astre le plus proche, la Lune. Dès lors, le Palais lunaire, dans lequel vivait désormais Chang’E, brilla d’un éclat nouveau.

Lorsqu’à son retour de la chasse, Yi apprit ce qui s’était passé, une immense tristesse l’envahit. Il regarda la Lune et pensa à sa femme Chang’E ; des larmes inondaient ses joues. Devant l’ingratitude que Feng Meng lui avait témoigné, Yi fut rempli de colère. Il prit son arc et ses flèches et sortit à la recherche de son disciple.

Feng Meng s’était caché dans un bois derrière la maison de Yi. Lorsque celui-ci passa à la hâte devant lui sans le voir, il lui assena un violent coup de bâton sur la tête. Yi s’affaissa, mortellement blessé. Lorsque les disciples de Yi découvrirent le crime de Feng Meng, ils arrêtèrent ce dernier immédiatement, l’attachèrent à un grand arbre et le transpercèrent chacun d’une flèche. Son ambition démesurée l’avait mené à sa perte.

Si je vous ai montré l’histoire de Chang’E, c’est parce qu’elle est vraiment célèbre en Chine, et surtout parce qu’elle est liée de près à la fête de la Lune. La légende raconte en effet que le palais de Chang’E serait visible depuis la Terre si l’on observe attentivement la Lune le jour de la mi-automne.

Ce n’est cependant pas la seule légende associée à la fête de la Lune, il en existe une autre célèbre.

 

 

Cette légende est celle du Vieillard sous la Lune (yuèxiàlaǒrén 月下老人), elle apparut pour la première fois sous les Tang dans l’Auberge des fiançailles , un des contes du recueil de récits fantastiques Xuyouguailu de Li Fuyan (775-833). C’est un personnage de la mythologie et du folklore chinois qui détermine les alliances matrimoniales en fabriquant les effigies en terre des futurs époux, qu’il relie ensuite par un fil de soie rouge. Dans certains temples, on peut s’adresser à sa statue à pour solliciter une alliance. C’est un vieil homme à barbe blanche tenant dans la main gauche le registre des mariages et dans la droite une canne.

Le rouge est une couleur auspicieuse associée aux noces. La coutume de faire tenir lors de la cérémonie de mariage l’extrémité d’un fil rouge par chacun des époux était déjà connue sous les Tang. Le fil a été remplacé par un mouchoir sous les Song. Présenter deux personnes en vue du mariage se dit « tendre le fil rouge ».

Vieillard sous la Lune

Un beau soir, un tout jeune voyageur nommé Wei Gu descendit pour une nuit dans une auberge de Songcheng. Près de l’entrée, sous la clarté lunaire, il vit un vieil homme appuyé contre un sac de toile qui semblait consulter un registre. Intrigué il s’approcha : les pages du registre étaient blanches. Il ne peut s’empêcher de lui demander ce qu’il pouvait bien y chercher. Le vieillard lui répondit : « Toutes les unions matrimoniales du monde sont inscrites dans ce registre. » et comme Wei Gu regardait le sac d’un air interrogateur : « Ce sont des fils de soie rouge qui, une fois attachés aux pieds de deux personnes, les vouent à être époux, quelle que soit la distance sociale ou géographique qui les sépare actuellement, même si leur familles sont ennemies jurées. »

La curiosité l’emportant sur la raison, Wei Gu ne put s’empêcher de lui demander s’il savait qui il épouserait. Le vieil homme lui répondit en riant : « Contre le mur nord de l’auberge, il y a l’étal d’une vieille marchande de légumes . Ta future épouse, c’est sa petite-fille. » Le jeune homme, pensant qu’il se moquait de lui, monta se coucher sans plus rien demander. Le lendemain, par curiosité, il alla jeter un coup d’oeil et vit effectivement, courant de ci de là près du dit étal, une petite fille au nez mal essuyé qui ne payait pas de mine. Vexé, il la poussa alors qu’elle passait près de lui . L’enfant tomba et se mit à pleurer à grand bruit ; Wei Gu s’éclipsa mi-honteux mi-rageur.

Quelques années passèrent. S’étant distingué lors d’une campagne militaire, Wei Gu se trouva fiancé à la fille du chef de l’arsenal de Xiangzhou. Le soir des noces, découvrant selon la coutume le visage de sa femme pour la première fois, il fut intrigué par une mouche qu’elle portait entre les sourcils. Elle lui expliqua : « Lorsque j’étais petite, un jour que je tenais compagnie à ma grand-mère, un voyou m’a fait tomber sur le front et j’en ai gardé une cicatrice. » Wei Gu dut alors se rendre à l’évidence : sa femme était bien la petite fille annoncée et le vieillard était bien un dieu. Il confessa son histoire, qui finit par parvenir aux oreilles du préfet de Songcheng. Celui-ci fit renommer l’auberge « Auberge des fiancailles » et l’existence du vieillard sous la Lune fut bientôt connue de tous. Quant à Wei Gu et sa femme, ayant pris conscience que leur union n’était pas le fruit du hasard, ils eurent à cœur de ne jamais se disputer.

La statue du vieillard sous la Lune se trouve en général dans un grand temple, comme celui du Dieu préfet ; les temples qui lui sont spécialement consacrés sont rares.

Chaque lieu a ses règles en matière d’offrandes et de remerciements dûs en cas de réussite. On ne peut en principe solliciter qu’une seule alliance, en indiquant clairement son nom et son adresse. Certains préparent deux petits plombs reliés par un fil rouge qu’ils font passer au-dessus du brûle-parfum du temple et portent ensuite sur eux ou placent sous leur oreiller.

Pour expliquer les problèmes que rencontrent certains mariages, on raconte parfois que le vieillard ne dispose que d’un local limité pour faire sécher les effigies en terre qu’il fabrique et doit en laisser plusieurs dehors. Parfois la pluie les fait fondre en partie, ce qui diminue l’entente du couple.

L’anniversaire du dieu est célébré le jour de la Fête de la mi-automne.

Source : http://www.chine-informations.com/
http://dietetiquetuina.75.fr/613/fete-de-la-mi-automne/

La vie à l’université

Il n’y a pas à dire, l’université normale du Sichuan est vraiment très différente de l’université du Maine dans laquelle j’ai passé ma Licence de physique. Il faut voir qu’il y a 35 000 étudiants, le tout dans un vrai campus (en fait, l’université est divisée en trois campus, je suis dans le plus vieux), et non pas quelques bâtiments disséminés ça et là.

 

Sur toute l’université, il doit y avoir à peine plus de 50 étrangers, dont 37 sont en train d’apprendre le chinois. De plus, sur la cinquantaine d’étrangers, 90% sont coréens. Autant dire qu’à part eux, on est 5 français, quelques anglais et américains, ainsi que quelques asiatiques du milieu de l’Asie (Turkménistan, Ouzbékistan). Et bref, il y a vraiment très peu de personnes de type caucasien. Ce qui veut dire que l’on se fait facilement remarquer. Il est courant de voir des étudiant(e)s chinois(es) venir te parler seulement pour le plaisir de parler anglais et de parler avec un étranger. Sans compter tout le monde qui se retourne quand tu marches dans la rue, ou encore les chinoises qui t’alpaguent dans la rue pour pouvoir prendre une photo avec toi. J’étais déjà au courant de tout cela vu que j’étais allé en Chine l’année dernière, mais ça surprend toujours.

Pour ce qui est de mes cours de chinois et de mon emploi du temps, tout est très bien. J’ai 15 heures de cours par semaine, réparties dans 20 heures de créneaux horaires. En fait, en Chine, les cours ne font pas une heure ni deux, mais 40 à 45 minutes. Avec une pause d’un quart d’heure entre chaque cours. Donc pour une heure de créneau, on a 45 minutes de cours. En fait, j’adore ce système. Mon emploi du temps se décompose de 3 heures le matin et d’une heure en début d’après-midi. Le matin, soit j’ai cours de grammaire (trois fois dans la semaine), soit cours d’écoute (deux fois dans la semaine), et l’après-midi j’ai cours de pratique. Sauf que les 3 heures sont très agréables. Les 45 minutes se finissent au moment où on pourrait commencer à se lasser, et le matin passe comme une flèche. Quant au début de l’après-midi, on se retrouve avec des étudiantes chinoises avec qui il faut parler chinois, à qui on peut demander du vocabulaire, ou autres. C’est une heure rien que pour progresser et pratiquer, demander des explications sur des points du cours vus le matin, ou autres. En plus, je suis dans les premiers niveaux, et on est… deux en cours. Vu que l’après-midi ce sont des cours particuliers, je me retrouve avec quasiment que des cours particuliers toute la semaine (sans compter que les professeures et étudiantes sont vraiment super sympas et gentilles, et elles essaient de se remettre en question pour s’adapter à nous, ce qui fait que les cours sont en soi très bien faits). Tous les étudiants sont généralement dans les niveaux au-dessus et parlent bien mandarin.

Pour le reste de l’après-midi, il permet d’apprendre le chinois vu en cours le matin. C’est donc un emploi du temps assez cool, ce qui fait que je peux me permettre de travailler le mardi après-midi et le jeudi après-midi.

Il y a 3 niveaux, je suis dans le niveau 2 car la directrice avec qui j’ai passé l’entretien a voulu me donner la chance d’être en niveau 2, sachant qu’à l’oral j’arrive à baragouiner le chinois et que mon écrit se défend. Cependant, c’est un peu difficile pour moi et ça me demande plus de travail qu’à d’autres étudiants, mais ça me fait gagner énormément de temps de cours. Mieux vaut bosser plus et rattraper son retard qu’être dans un cours trop facile et perdre son temps.

En fait, pour le début d’après-midi, j’ai deux étudiantes qui me font pratiquer. La première, qui peut à l’occasion parler anglais, le lundi et le jeudi, la deuxième, qui par contre ne connaît que peu d’anglais, le mardi, le mercredi et le vendredi. Ça permet de ne pas tourner en rond avec la même personne quand on veut simplement discuter, et quand la personne en question ne connaît pas l’anglais et qu’il faut arriver à se faire comprendre, j’ai remarqué qu’on progressait plus vite. Maintenant, j’arrive à me débrouiller en chinois pour la vie quotidienne. Ce n’est pas toujours facile pour me faire comprendre car parfois dans les restaurants les gens parlent le dialecte du Sichuan, difficile à comprendre pour ceux qui ne parlent que mandarin. En gros, je peux tenir la conversation pendant une à deux heures sur des sujets certes simples mais c’est déjà pas mal du tout sachant que ça ne fait qu’une semaine que j’ai commencé les cours. Mais clairement, être immergé en Chine et avoir les cours permet de progresser dans son baragouinage du chinois à grande vitesse. Bien sûr, c’est exponentiel et plus les niveaux augmentent et plus il faut travailler, dans son apprentissage des caractères notamment, mais je suis arrivé à un niveau seuil maintenant, à peu près B1 pour ceux qui connaissent le système. Il faut 2000 à 3000 heures de cours pour être bilingue écrit-oral. Autant dire qu’il me reste du travail…

 

 

 

Pour mon logement, au début j’étais dans une sorte d’auberge de jeunesse réservée aux étrangers, mais c’était assez cher (6 euros la nuit, ou 150 par mois), avec un internet qui ne marchait pas ou très mal. Sans compter qu’il n’y a pas de cuisine, que la machine à laver publique n’était pas terrible… Bref, un français et un ouzbek avec qui je suis ami m’ont proposé de venir emménager avec eux vu qu’ils ont trouvé un appartement super sympa pas trop loin de l’université (20 minutes de marche à pied de l’appartement à ma salle de cours), et où il y a trois chambres. L’appartement est entièrement neuf, d’ailleurs, on a emménagé, ce n’était pas encore fini (maintenant oui). En plus, ce n’est même pas cher, on se retrouve avec environ 180 euros tout frais compris à payer par mois, soit 60 euros par personne, pour un appartement de 86 mètres carrés. J’ai donc passé quatre jours dans l’auberge de jeunesse de l’université et ça fait une semaine que je suis dans cet appartement. En fait, on est quatre. L’ouzbek a déjà passé un an en Chine et il parle couramment chinois, cela fait six mois qu’il a une copine chinoise et elle a plus ou moins emménagé avec nous. Globalement, on est un petit groupe de jeune, j’ai 21 ans, tout comme Baptiste (l’ami français dont j’ai parlé au-dessus) et la copine chinoise de ulugbek (l’ami ouzbek qui par contre a 18 ans, il est donc venu étudier le chinois seul à l’âge de 17 ans !).

Voici quelques photos de notre appartement.

D’abord, la vue du balcon la nuit :

Appartement

Le salon :

Appartement

La cuisine (qui est en fait très basse) :

Appartement

Le couloir qui dessert les trois chambres et la salle de bain :

Appartement

La salle de bain (on peut remarquer la douche très chinoise, c’est-à-dire sans rideau de douche, ainsi que deux bouteilles d’eau du robinet au cas où il y ait des coupures d’eau) :

Appartement

Enfin, ma chambre, qui ressemble à peu près aux deux autres :

Appartement

 

 

 

 

Pour ce qui est de la nourriture, le midi, j’utilise ma carte de cantine pour manger au prix mirobolant de… 3,3 yuans. Soit 0,35 euros environ. Il faut savoir que les chinois mangent très tôt. Le midi, ils mangent de 11h30 à 12h45, à 13h le personnel mange dans la salle. Et le soir, le self est ouvert aux alentours de 6 heures. Le soir je mange donc plutôt dans des petits restaurants, ce qui ne coûte pas beaucoup plus cher (7 yuans environ). Voici le self où je mange :

SelfSelfSelf

Petite anecdote assez marrante : avec mon ami français, on est allé manger dans un petit resto et comme d’habitude à part les caractères les plus courants, on ne comprenait rien au reste et on a pris au hasard. Sauf qu’il a pris par hasard une sorte de courgette très amère avec de l’omelette (au final la courgette amère, c’est un peu infâme). J’ai pris la ligne juste en dessous et c’était par contre très bon. On a cependant retenu la leçon et le premier caractère qu’on a appris en revenant du restaurant est le caractère qui signifie amer, hahaha…

J’ai pris la 3ème ligne, il a pris la 2ème ligne, dont le premier caractère signifie « amer » :

Self

 

 

 

Pour les nouveaux arrivants à l’université, en Licence, ils doivent passer un mois de service militaire. Certains aiment, d’autres non, mais de manière générale, les élèves se plaignent des vêtements militaires qu’on leur donne et qui sont d’assez mauvaise qualité. Quant aux filles, majoritairement elles n’aiment pas.

Service militaireService militaire

 

 

 

En Chine, il y a pas mal de produits importés du Japon, dont des bouquins avec du français qui ne veut rien dire dessus. Le français est très populaire au Japon, bien plus qu’en Chine (où l’anglais a quand même une place importante) et ils prennent des mots ou des phrases et les copie-collent, sans savoir que la plupart du temps ça ne veut rien dire. Mais comme ils ne savent pas lire le français et que ça fait joli…

Voici un exemple :

Livre

On peut aussi avoir le cas du pinyin qui peut avoir une autre prononciation en français… En chinois, ça se prononce « tze-tze », mais en français… Ça nous aura bien fait rire la première fois qu’on l’a vu :

Zizi

Il y aura certainement d’autres images de la sorte, notamment à propos du français qui ne veut rien dire, si j’en ai assez j’en ferai un article en juin.

 

 

 

Enfin, dernièrement, j’ai pu participé à une sorte de petit documentaire sur la vie des étudiants étrangers à la fac. Bon, je ne sais pas ce que ça va donner, mais on a été filmé dans un petit bar qui sert principalement des desserts chinois.

Une des chinoises qui s’occupent du « documentaire » est une passionnée de football, et elle a des amis qui en font. Aujourd’hui, elle m’a donc amené à une autre université (l’université du Sichuan) car le terrain de notre université est occupé par les chinois qui font le service militaire.

Et dans cette université, j’ai pu jouer dans un vrai « match ». En fait, ce sont des chinois de cette université qui se regroupent pour jouer pour le fun, mais ils ont tout l’équipement et un gars fait office d’arbitre. Sans compter le respect des deux mi-temps de 45 minutes. Je me suis donc retrouvé, après quatre mois sans jouer, à jouer 30 minutes de milieu droit dans un vrai match, car l’engagement y était, même si tout s’est passé dans le bon esprit.

Ils ont demandé à ce que je revienne jouer les semaines d’après, et je ne dis pas non ! Le foot commençait à me manquer.


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